Voyage au cœur aragonais de Zara

Avr 10, 2017 | Economie, Presse espagnole

PERIODICO DE ARAGON

JORGE

10/04/2017

Interior del silo de prenda colgada, de 33 metros de altura, que forma parte del centro. -

Des millions de femmes des cinq continents ont dans leurs armoires  un vêtement portant l’étiquette Zara, qui possède aujourd’hui 2.213 boutiques réparties dans 93 pays. Cet immense réseau commercial est alimenté depuis la plateforme Plaza de la capitale aragonaise, où le groupe Inditex installait il y a 14 ans un macro-centre logistique par où transitent chaque semaine plus de six millions de vêtements féminins, qui représentent le gros des ventes de la marque. L’automatisation des processus et le dynamisme de l’aéroport de Saragosse ont permis ce prodige que représente la livraison à tous les établissements, que ce soit au Japon, au Mexique ou en Nouvelle Zélande, en un maximum de 48 heures et jusqu’à deux fois par semaine. EL PERIÓDICO a visité ces installations en exclusivité pour découvrir ses secrets.

Ce grand complexe de presque 200.000 mètres carrés construits est l’élément clé du miracle Zara, l’enseigne leader de la multinationale galicienne (66% du CA). Elle est entrée en service en mai 2003 sous le nom de Plateforme Europe car à l’origine elle fournissait les boutiques Zara du continent. Avec le débarquement d’Inditex,  Plaza et le secteur logistique de Saragosse ont touché le gros lot, car cela a entraîné d’autres investissements importants comme Décathlon ou BSH. Depuis lors, la croissance du centre s’est poursuivie à un rythme vertigineux. En 2016, 324 millions de vêtements féminins sont partis d’ici, soit plus de six millions par semaine ou 35.000 à l’heure. L’activité a pratiquement doublé depuis cinq ans (170 millions en 2012).

L’empire galicien de la mode emploie actuellement un effectif permanent de près de 1.100 personnes sur la base logistique de Saragosse, un chiffre en hausse année après année qui a presque triplé depuis les origines (400 personnes). En période de forte activité il dépasse 1.500 personnes.

 

Dans l’atelier de Zara tout est gigantesque : bandes transporteuses de plusieurs kilomètres, rayonnages industriels à perte de vue, châteaux de caisses de carton…. Un véritable Scalextric sur les 180.000 m2 de superficie (18 terrains de football) du bâtiment principal. Pas étonnant que le personnel se déplace parfois à bicyclette.

Le trafic de camions est incessant. Quelques 600 par semaine entrent en provenance des usines et autant sortent en direction des magasins espagnols et européens. Deux tiers de la production arrivent et partent par voie terrestre; le tiers restant transite par l’aéroport de Saragosse. Contrairement aux idées reçues, tout ne vient pas de Chine. 40% des fournitures viennent de ce qu’Inditex appelle la «zone de proximité» (Espagne, Portugal, Maroc et Turquie, pour l’essentiel).

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La technologie est omniprésente, avec des scanners partout qui comptent et classent les vêtements. Le travail manuel est presque inexistant. La majorité des vêtements restent 24 heures au maximum. «Ce n’est pas un magasin de stockage. Le stock est limité et dynamique.», nous précise-t-on.

 

La zone la plus spectaculaire du complexe –et la plus innovante– est un colossal silo de vêtements suspendus construit en 2012. C’est le plus grand d’Europe, avec 17.000 m2 de surface, 33 m de hauteur et une capacité de cinq millions de vêtements. Ce bâtiment étonnant est entièrement automatique et fonctionne actuellement à 50% de sa capacité. C’est donc un axe de croissance pour les prochaines années.

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Inditex a utilisé tout l’espace disponible sur sa parcelle de 230.000 m2 à Plaza. Une nouvelle extension est envisagée depuis des années. Bien que le groupe soit muet sur ses projets, le rythme de croissance de Zara laisse prévoir de nouveaux investissements.

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