HERALDO DE ARAGON

20/7/2020

MARÍA JOSÉ VILLANUEVA

« Un coup très dur, une décision trop drastique ». Les maires des Pyrénées aragonaises répondent ainsi à l’éventualité d’une nouvelle fermeture de la frontière annoncée par la France ces dernières heures. Le premier ministre de ce pays, Jean Castex, ne l’écarte pas  en raison de la résurgence de l’épidémie en Espagne.

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Les passages frontaliers avec l’Aragón ont été rouverts le 21 juin dernier. Cela ne fait même pas un mois que les touristes peuvent à nouveau passer par Bielsa, le Pourtalet et le Somport, et aujourd’hui l’incertitude plane de nouveau.

Le maire de Bielsa, Miguel Noguero, considère que la mesure suggérée par le premier ministre serait « très drastique et ferait beaucoup de mal ». La relation entre les deux côtés de la frontière est très fluide dans ces vallées. Des entreprises françaises passent la frontière pour pratiquer le canyoning dans le Sobrarbe, il existe des itinéraires guidés pour les refuges des deux pays, et de nombreux habitants de l’autre côté viennent faire leurs courses dans les boutiques espagnoles, en particulier le week-end. « Ça a été trop dur de redémarrer le secteur touristique et commercial pour aujourd’hui revenir en arrière », dénonce Miguel Noguero.

« Ce serait une très mauvaise nouvelle », affirme de son côté le maire de Canfranc, autre commune frontalière. Il pense que la situation épidémique dans les Pyrénées centrales n’est guère différente de part et d’autre. « Nous sommes restés fermés pendant plusieurs mois et recommencer serait un coup très dur pour le commerce et le tourisme de Canfranc et plus généralement pour l’économie des zones frontalières », car les hôtels, bars et restaurants, mais aussi les boutiques dépendent dans une large mesure des voisins français.

La sierra de Guara, avec 60% de clients venant de France, serait tout aussi affectée. On observait en ce début de juillet un timide retour des français dans cette Mecque du canyoning, une activité  à laquelle  ils sont très attachés.

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