El Periódico de Aragón

15/04/2021

Édito

Le ministre des Transports, José Luis Ábalos, et le président d’Aragón, Javier Lambán, inaugurent aujourd’hui la gare de voyageurs de Canfranc et le faisceau de voies de la nouvelle esplanade. C’est un pas de plus dans la longue et tortueuse course entamée il y a des décennies pour rouvrir le tunnel international, fermé par décision unilatérale de la France après un accident ferroviaire en 1971. Le président de la région française de Nouvelle Aquitaine, Alain Rousset, sera également présent, un parfait allié de l’Aragón, pour faire pression sur le Gouvernement français et lui faire prendre conscience de l’importance de rétablir le trafic ferroviaire à travers les Pyrénées.

Quelque chose a changé ces derniers temps après des années de revendications dans l’indifférence des Gouvernements Français et Espagnol, et on commence à entrevoir  la réouverture, fixée en 2025. Il n’est pas encore très clair que cet objectif soit accessible, mais des pas importants ont été faits et la coopération transfrontalière indique une volonté politique ferme en faveur de cet axe. Le sommet bilatéral Franco-Espagnol du mois dernier a réaffirmé l’intention des deux pays de rétablir le trafic ferroviaire, et le livre blanc de la future ligne Pau-Canfranc-Saragosse a été présenté en novembre dernier. Les bénéfices de celle-ci sont indiscutables : non seulement elle renforce les liens entre les deux villes jumelles ayant une notable importance stratégique du sud de l’Europe, mais elle présente aussi un grand intérêt touristique et commercial. Le coût de l’infrastructure n’est pas excessif (450 millions dont près de la moitié peut être financée par l’UE), et elle permettrait de transporter annuellement de l’ordre de 300 mi (?) de passagers et deux millions de tonnes de marchandises. En tant que liaison du réseau secondaire régional dans le cadre du réseau européen de transport, cette ligne tant réclamée et désirée par de nombreux aragonais ne semble pas  devoir rencontrer beaucoup de nouveaux obstacles à sa réalisation.

Mais il reste encore des étapes à franchir avant cette date. L’ancienne gare de style art nouveau, convertie en hôtel et en appartements, sera mise en service à la fin de l’année – une opération immobilière que certaines associations remettent en cause-. Mais l’étape la plus importante et encore lointaine est le début des travaux sur le tunnel, ces 7.817 mètres (dont 4.714 dans la partie espagnole) qui sont aujourd’hui un mur infranchissable et une véritable frontière avec la France. Et bien sûr doter le vieux « Canfranero », qui met encore trois heures pour venir de Saragosse, de trains du  XXIe siècle qui  ne transforment pas un voyage agréable en une aventure ennuyeuse et incertaine en raison des risques de panne.

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