HERALDO DE ARAGON
05/01/2019
L’Aragon souffre depuis des décennies de déficiences extraordinaires dans ses communications ferroviaires. A part la ligne de TGV, les trains régionaux qui relient Zaragoza à Canfranc et à Teruel, et ceux qui desservent Calatayud, Castejón et Tudela se caractérisent par leurs pannes constantes et des vitesses qui leur ôtent toute utilité sociale et toute productivité.
Un incident ferroviaire, lundi dernier, a fait la une des journaux, soulignant les mauvais traitements infligés aux voyageurs qui tentent de prendre le train de Badajoz à Madrid : en pleine Nuit du Nouvel An, plus de 150 voyageurs se sont retrouvés dans le noir au milieu de nulle part pendant plusieurs heures. Et l’Estrémadure ne fait pas exception pour les graves difficultés rencontrées lors de déplacements en train. Les communications sont également difficiles dans le nord et particulièrement en Aragón. Des incidents à répétition et une lenteur exaspérante sur les lignes Zaragoza-Canfranc et Zaragoza-Teruel-Sagunto, qui transforment en aventures épiques des déplacements sur le réseau régional.
L’Aragón entend depuis des décennies les excuses de Madrid et observe comme la province de Teruel et de vastes zones de celle de Huesca, se dépeuplent faute d’opportunités. Beaucoup de jeunes n’ont pas d’autre solution que d’émigrer pour gagner leur vie et les entreprises ne viennent pas s’implanter faute d’infrastructures, en particulier ferroviaires. Le manque de ressources se traduit par un défaut de maintenance des voies qui sont délabrées et par des machines obsolètes. Ainsi se referme le cercle vicieux : si le réseau ferroviaire ne fonctionne pas bien, les populations s’en vont, ainsi que les commerces ou le tourisme, et la croissance disparait. Le TGV a été un facteur important pour le dynamisme de Zaragoza, mais ce n’est pas la panacée pour résoudre les besoins de transport des aragonais. Et ces besoins doivent être pris en compte de façon efficace et sans plus tarder.

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