Sarrance : ils ont simulé les conséquences d’un accident de camion
Une trentaine de militants ont organisé une simulation d’accident entre deux poids-lourds sur la RN134 au niveau de Sarrance.

G.B.
Par Gildas boënnec, publié le .

Le collectif Stop camions a simulé un accident entre deux poids-lourds sur la RN134 au niveau de Sarrance, ce vendredi. Les militants aspois entendent ainsi dénoncer le transport de matières dangereuses au sein de la vallée.

En plein milieu du village de Sarrance, deux camions circulant sur la RN134 se percutent. Une explosion se produit, provoquant des blessés mais aussi une pollution à cause du déversement de produits toxiques.

Ce scénario fictif a servi de base à la simulation organisée par le collectif Stop camions au cœur de la vallée d’Aspe, ce vendredi. « On imagine le pire des cas, dans lequel un poids-lourd transportant du chlorate de soude serait accidenté contre un autre ayant une cargaison de sucre. Le mélange de ces deux composants provoquerait une explosion, et pourtant, les transports de ces deux matières sont autorisés au sein de la vallée », explique Didier Bayens, membre actif du collectif. De nombreuses associations locales ayant une sensibilité environnementale se sont fédérées à cette journée, à l’instar de Haut-Béarn en transition, l’Accob, les gilets jaunes, ANVII Béarn, Il est encore temps Pau, ou encore Code Béarn.

Banderoles et encre de seiche

Malgré les fortes pluies, une trentaine de militants sont venus participer à cette action. Deux banderoles sur lesquelles des camions étaient dessinés ont simulé un accident, avant que des Aspois ne se couchent par terre pour jouer les blessés. Une équipe de secouristes est venue à leur rescousse, tandis que de l’encre de seiche était versée sur le sol et que de la fumée envahissait les lieux pour plus de réalisme. Transportés sur le bas-côté, les blessés ont crié leur douleur en même temps que leur haine des poids-lourds.

Sous l’œil attentif des gendarmes, le collectif a dévié la circulation aux entrées de Sarrance pendant une trentaine de minutes, le temps que l’accident et le secours des blessés aient lieu. Les forces de l’ordre ont également procédé au stockage des camions en amont et en aval de la route nationale pendant plusieurs heures.

À travers cette simulation, les membres de Stop camions ont souhaité montrer leurs inquiétudes face au transport de matières dangereuses circulant au sein de la vallée d’Aspe. « Tous les jours, on a des bombes roulantes qui passent sous nos fenêtres », se désole un manifestant.

Une action des élus espérée

« C’est un secrétaire d’État au transport qui nous a confié qu’il était important que la mobilisation citoyenne soit forte contre le lobby routier si on voulait que les choses changent », explique Didier Bayens. « Au col de Tende, plusieurs municipalités ont voté un arrêté pour interdire la circulation des poids-lourds, et la préfecture n’est pas parvenue à casser cette initiative. On espère pouvoir solliciter nos élus pour organiser une action similaire localement, afin de mettre un terme au passage des matières dangereuses dans la vallée d’Aspe ».

Une action organisée dans les lacets du Fort du Portalet, sur la RN134, où ont eu lieu deux accidents graves

Avant la simulation organisée à Sarrance, les membres de Stop camions se sont rendus dans les lacets du Fort du Portalet, sur la RN134, pour installer deux panneaux rappelant les accidents graves qui ont eu lieu sur place. Le 5 juin 2007, un camion-citerne déversait son chargement de lessive de potassium en direction du gave d’Aspe. Le plus récent accident dans cette zone est celui du 27 août 2018 : il avait coûté la vie au chauffeur espagnol qui s’était renversé en contrebas de la route. Plusieurs milliers de litres de chlorite de sodium s’étaient également répandus dans le gave, provoquant une forte mortalité des poissons vivant dans la zone. © odile isern

Share This