EL PAIS

RAMÓN MUÑOZ

26 OCT 2021

Renfe souhaite opérer sur la ligne à grande vitesse Paris-Londres via l’eurotunnel, et a lancé les contacts préalables pour pouvoir entrer en compétition avec Eurostar. L’Eurotunnel, qui traverse la Manche depuis 1994, permet d’aller de France au Royaume Uni en voiture particulière (embarqué sur un train navette) ou en train à grande vitesse Eurostar.

L’intérêt de la compagnie publique espagnole pour cette ligne se produit au moment où des sillons sont disponibles …, et en raison de la forte demande prévisible…

Le marché Paris-Londres est utilisé par neuf millions de voyageurs/an (données de 2019), dont sept millions par Eurostar, qui relie Paris et Londres en 2 heures12.

La demande de Renfe intervient également après les problèmes qu’a rencontré l’opérateur ferroviaire espagnol sur la ligne Paris-Lyon-Marseille, la plus chargée en trafic de France, tant du fait du régulateur français, l’Autorité de Régulation des Transports (ART) que de la SNCF.

L’intention initiale de Renfe était d’opérer sur cette ligne, mais elle n’a pu obtenir les certifications et homologations nécessaires, en raison des  entraves continuelles auxquelles elle s’est trouvée confrontée pour accéder aux informations sur l’infrastructure et les spécifications techniques des équipements de signalisation, et de l’impossibilité de procéder à des essais avec ses trains AVE.

Ces entraves sont  choquantes après les facilités qui ont été accordées à la SNCF pour lui permettre de débarquer en Espagne avec ses trains à grande vitesse et à bas coût Ouigo, qui circulent sur la ligne Madrid-Barcelone depuis mai dernier en concurrence avec Renfe. C’est pour cette raison que l’entreprise publique espagnole a décidé de tenter sa chance sur la ligne Paris-Londres, où les permis de circulation et les homologations dépendent de Getlink (actuelle dénomination d’Eurotunnel) et du gestionnaire britannique HS1, et non du régulateur français.

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Cependant, et en parallèle, Renfe poursuivra les  négociations avec les autorités françaises pour obtenir les permis d’exploitation sur ligne Paris-Lyon-Marseille avec l’AVE et sur les lignes de proximité des régions Grand Est et Hauts de France. L’ancien ministre des Transports, José Luis Ábalos, avait déjà adressé des courriers à son homologue français et à la Commission Européenne exigeant que soit appliquées les règles qui permettent la concurrence comme c’est le cas en Espagne depuis décembre 2020.

L’actuel président de Renfe, Isaías Táboas, a inclus dans son dernier plan stratégique l’internationalisation comme  principal facteur de croissance, avec pour objectif d’atteindre  dans les dix ans 10% du chiffre d’affaires à l’étranger. Outre la gestion de la LGV La Mecque-Médine en Arabie, Renfe est intéressée à la ligne Dallas-Houston et au Train Maya au Mexique. Sa dernière opération à l’international a été la prise de 50% du capital de la tchèque Leo Express, qui offre des licences et des moyens pour opérer en République Tchèque, en Slovaquie, Pologne et Allemagne.

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