Après nos révélations dans notre édition du 9 octobre, on avait laissé un Jean-Jacques Lasserre pas peu fier de son coup, après avoir réussi à obtenir l’aval de l’État et de Vinci pour la réalisation, dans le même calendrier (d’ici 5 ans), de quatre infrastructures autoroutières : les trois projets d’échangeurs (Carresse-Cassaber, Orthez et Morlaàs) et la bretelle (BARO) à Peyrehorade.

Ce vendredi, à l’occasion du vote du protocole d’accord actant la participation de la collectivité (à hauteur de 8 millions d’euros), le président avait gardé ce même esprit, parlant d’une « victoire importante » après des discussions « très âpres ». L’élu saluait aussi une avancée pour les usagers, particuliers ou acteurs économiques. Un enthousiasme marqué également par le rapporteur André Arribes, qui précisait que chaque projet fera aussi l’objet d’une convention propre définissant maquettes financières et calendriers. Cela aurait pu s’arrêter là, dans la concorde, après tant d’attentes sur les différents territoires concernés.

Mais le coup de climatiseur vint de Marie-Pierre Cabanne qui, pour le groupe de la Gauche 64, a émis son « amertume » et « de grandes réserves » sur le satisfecit de la majorité. Non pas que l’opposition allait voter contre (la délibération sera votée à la majorité moins 2 abstentions), consciente de l’intérêt de ces infrastructures, mais gênée par le niveau d’investissement public… au bénéfice final de Vinci, « pour un équipement 100 % privé. Huit millions, ce sont 17 % du financement, ce n’est pas anodin » a commenté la socialiste. Et de dénoncer le « coup double » réalisé alors par le concessionnaire « dont c’est la filiale travaux en outre qui fera les chantiers ». En revanche, la conseillère a déploré que l’habitant, lui, paie plusieurs fois, via les collectivités et aux péages.

Cher, selon la gauche, pour gagner 5 ans

Marie-Pierre Cabanne, pour Carresse-Cassaber, a aussi regretté une part symbolique des carriers (elle sera de 600 000€). Mais surtout a déploré que le Département mette la main à la poche pour Morlaàs et Peyrehorade alors que, quoi qu’il advienne, Vinci aurait dû les réaliser dans le cadre de la concession, d’ici 2032. «  1,5 million d’euros pour acheter 5 années, c’est beaucoup ». Et, en compensation, d’appeler le président et ses « talents de négociateurs » pour discuter de la gratuité de l’autoroute entre certains tronçons.

En réponse, André Arribes s’est dit «  étonné par le manque d’ambition de certains élus » et a souligné l’impatience des Béarnais, Basques et Landais pour ces infrastructures, afin de justifier les choix de la collectivité, Jean-Jacques Lasserre se défendant lui de toute faiblesse dans ce dossier.

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