Projet de train Pau-Canfranc : des premières investigations positives

Nov 23, 2018 | Ferroviaire, Presse française

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    Les expertises ont révélé que les ouvrages d’art étaient en bon état. 3. Un travail de débroussaillage a permis de dégager la voie.Les techniciens évaluent la solidité du tunnel du Pourtalet en effectuant des prélèvements dans les parois de la construction.

    © Nicolas Sabathier 
     
Par Benoît Rouzaud, publié le .

Après plus d’un an de travail de défrichage, SNCF réseau a présenté les premières conclusions relatives à l’expertise du tronçon ferroviaire Bedous-Somport. Les infrastructures sont en bon état de conservation.

En vallée d’Aspe, le projet de réouverture de la ligne de train Pau-Canfranc a franchi une nouvelle étape. Jeudi matin, lors d’une visite de chantier, SNCF réseau a ainsi livré à ses partenaires le fruit de ses investigations techniques menées sur l’ancienne voie ferrée. Les premières constatations effectuées par les ingénieurs indiquent que les infrastructures ferroviaires (ponts, tunnels, viaducs…) sont dans « un état de conservation remarquable ». Une bonne nouvelle quand on sait que la ligne a été laissée à l’abandon depuis 1970, année de l’accident ayant mis fin à son activité.

Pour y voir plus clair, il a d’abord fallu débroussailler les 25 km de ligne (dont 6,7 km de tunnel !) séparant Bedous du Somport avec l’aide de l’ONF. Une tâche de titan débutée mi-2017 qui a parfois été interrompue en raison des contraintes écologiques. « Les vautours percnoptères ne supportent pas les travaux bruyants entre mars et septembre », détaille David Keller, directeur d’opérations en infrastructure ferroviaire. Un inventaire faune et flore a été réalisé.

« Rien d’insurmontable »

Dans le même temps, des relevés topographiques par hélicoptères et des sondages géotechniques par carottage ont été réalisés, notamment à proximité des ouvrages d’art. « Les prélèvements sont plutôt positifs au regard du nombre d’année d’inexploitation, sans entretien. Dans les tunnels, l’hydrométrie et la température constantes ont préservé les installations », précise Fabien Garcia, chef de projet SNCF. À l’extérieur, les ponts nécessitent un peu plus d’attention avec des réparations, mais rien d’insurmontable aux dires des experts. « Cela ne nous surprend pas. Les anciens savaient construire solide », sourit François Rebillard, vice-président du Comité pour la réouverture de la ligne Oloron-Canfranc (Créloc). « De ce que l’on a constaté, il n’y a pas d’obstacle majeur à la rénovation de la ligne », conclut Fabien Garcia.

La question du tunnel du Somport

Si les dernières entreprises mandatées par la SNCF quittent la vallée en février, les rapports finaux devraient être rendus entre mars et avril 2019. Cette phase d’investigation constitue le préalable à l’étude d’avant projet pour la conception du tronçon Bedous-Somport. « Ces études permettront de déterminer le contenu des travaux et d’évaluer leurs coûts », explique Fabien Garcia.

Dans le calendrier du projet, les étapes administratives à venir sont l’ouverture d’une enquête publique en 2020, suivie normalement d’une déclaration d’utilité publique et enfin si tout va bien les travaux. Ainsi, « Les premiers trains devraient rouler entre 2024 et 2025 », espère François Rebillard. La ligne transfrontalière sera alors la seule à franchir la chaîne des Pyrénées en son milieu.

Pour la Région, le processus doit devenir « irréversible »

Compétente en matière de transport, la région Nouvelle-Aquitaine soutient fermement le projet de rénovation. « On espère que ce chantier que beaucoup ont présenté comme illusoire, se conclura par une inauguration à la gare de Canfranc dans quelques années », a déclaré Pierre Cheret, conseiller régional (PS). « Avec la crise climatique, le train est l’avenir du transport moderne. Nous sommes déterminés à ce que le projet avance le plus possible durant notre mandature afin qu’il devienne irréversible », a ajouté le conseiller régional Jean-François Blanco (EELV).

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