Passages à niveau : des dangers en Béarn ?Le passage à niveau de Herrère, sur la RN 134, doit être supprimé.

© Jean-Philippe Gionnet

 

Par Sébastien Lamarque, publié le , modifié .

Seul le passage à niveau de Herrère, sur la R134, est inscrit au plan national de sécurisation. Mais à Meillon ou Jurançon, des élus s’inquiètent.

Le drame de Millas (Pyrénées-Orientales) relance le débat sur la dangerosité des passages à niveau. Si le Béarn n’a plus connu d’accident mortel à un passage à niveau depuis des années, plusieurs croisements entre la route et le rail sont néanmoins pointés du doigt. Même si du côté de SNCF Réseau, seul le P24 de Herrère, sur la R134, figure sur la liste du plan national de sécurisation des passages à niveau.

Et cela fait plus de dix ans qu’il est question de supprimer ce passage à niveau. Depuis 2006 précisément, et la circulaire Bussereau de 2008, après l’accident entre un bus et un TER à Allinges (Haute-Savoie). Les travaux étaient alors annoncés pour 2014. Ils n’ont cessé d’être repoussés.

Enfin au printemps 2018 ?

Les travaux devraient débuter enfin au printemps 2018, par un pont-route au-dessus de la voie ferrée et un rétablissement routier d’une longueur de 1,25 km. Leur coût est estimé à 8,5 millions d’euros. On notera au passage la flambée des prix : ce coût était estimé à 3 M€ en 2008 et 6,7 M€ en 2013.

Sur la période de 1985 à 2004, cinq collisions entre trains et voitures ont été recensées sur le passage à niveau de Herrère, provoquant un mort (en 1991) et cinq blessés hospitalisés. Quelque 12 000 véhicules empruntent chaque jour la R134.

Mais il existe en Béarn d’autres passages à niveau pour lesquels les élus réclament depuis aussi longtemps des aménagements de sécurisation. C’est le cas à Meillon, commune qui compte quatre passages à niveau sur son territoire. Le principal, et le plus dangereux, le P232, est situé sur la D937, où circulent 6 000 véhicules par jour.

Le maire de Meillon pas informé d’un aménagement

La suppression possible de ce passage à niveau est là aussi un vieux serpent de mer. SNCF Réseau va bien fermer les quatre passages à niveau de la commune, mais de façon temporaire (et souvent de nuit) pour d’importants travaux de dépose de nouveaux rails et de ballast sur la voie entre Lescar et Montaut.

« On nous annonce six semaines de travaux, relève le maire Patrick Buron. Mais pour l’instant, je ne sais pas si la réhabilitation des passages à niveau est prévue. »

Le dernier accident grave à Meillon date de 2002. Le passager d’une moto avait été happé par la motrice du Dax-Tarbes. Si le maire n’a pas été informé d’éventuels aménagements des PN, il doit par contre répondre aux contraintes strictes de circulation sur sa commune, durant la fermeture des passages à niveau due aux travaux.

Un aménagement espéré à Jurançon

À Jurançon, le maire Michel Bernos attend toujours des nouvelles de SNCF Réseau quant au passage à niveau proche de la zone du Vert Galant, derrière la Fromagerie des Chaumes. Le 13 janvier 2016, un véhicule avait été percuté par l’arrière par le train Pau-Oloron. Le conducteur avait été blessé.

Le maire ne veut pas entendre parler de suppression du passage à niveau, car « elle poserait un problème de rupture dans la vie de ce quartier ». Pour autant, l’édile, « très inquiet quant à la sécurité de [ses] administrés », attend les propositions d’aménagement. « Je dois les revoir », indique l’élu. « Malheureusement, ce tragique accident de Millas va contribuer à remettre à plat un certain nombre de difficultés. Mais j’ai surtout une pensée pour les familles touchées par cet accident abominable. »

 

 

A Hendaye, la grève des conducteurs touche tous les TER du Béarn

La grève des conducteurs de la ligne Bayonne-Hendaye impacte plusieurs lignes du Béarn. Le mouvement a été suspendu ce vendredi.

Jeudi soir, gare de Pau. Le train de 20h25 pour Oloron est annulé et remplacé par un bus. Même sanction pour les usagers des lignes TER Pau-Dax ou Pau-Bayonne. Des perturbations dues à une grève, apprend-on sur place. Sans plus de renseignements. « Cela fait trois semaines que cela dure », soupire un habitué de la ligne Pau-Oloron.

Un conflit depuis trois semaines

Le conflit dure en effet depuis trois semaines. Les conducteurs de Bayonne-Hendaye ont entamé un mouvement de grève pour protester contre le détachement de six conducteurs, « une baisse des effectifs » pure et simple pour la CGT, à l’origine de la grève. Or les conducteurs de l’unité Bayonne-Hendaye ont en charge l’ensemble des lignes TER du Sud-Aquitaine et donc l’ensemble de celles qui traversent notre département. D’où des circulations perturbées sur les lignes Pau-Oloron, Pau-Dax, Hendaye-Bordeaux et Bayonne-Tarbes.

« Nous avons déposé un préavis de grève reconductible », indique Jean-François Mentaverry, de la CGT Cheminots de Bayonne. Les deux premières semaines, les préavis couraient du dimanche au mercredi. Nouvelle grève dimanche et lundi, et à nouveau depuis jeudi jusqu’à ce vendredi soir.

Les négociations avec la SNCF auraient permis de déboucher sur un accord ce vendredi. Une réunion du CHSCT est prévue mardi 19 décembre. « Si l’accord est confirmé », le préavis devrait être levé.

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