Par Arnaud Rossignon, publié le , modifié .

Parmi les dossiers d’infrastructures de la cité Fébus, le président du Département Jean-Jacques Lasserre fait du projet d’échangeur de la Virginie sa priorité. À ses yeux, la rocade centre ne pourra en revanche « s’envisager que dans le cadre d’une action commune » avec la CC Lacq-Orthez.

Entre la réalisation de la rocade centre appelée à relier les zones Louis et des Soarns et l’ouverture du demi-échangeur autoroutier au lieu-dit de la Virginie, Jean-Jacques Lasserre a fait son choix depuis près de deux ans. Et il s’y tient. En marge de l’inauguration du pont rénové de Auterrive, le président du Département a en effet affirmé jeudi la priorité accordée à l’aménagement sur l’A64, dont le financement a été ficelé dans le cadre du dernier plan de relance autoroutier. L’élu centriste estime que sa collectivité ne dispose pas des moyens financiers pour porter les deux projets simultanément. Cela d’autant plus qu’elle est sollicitée de toutes parts.

Plan de relance autoroutier à tenir

« Il est décidé et convenu de poursuivre sur la lancée qu’on avait imaginée il y a un an, sur la maquette financière que l’on avait validé. Le projet de la Virginie va vivre. Pour en discuter notamment avec la mairie d’Orthez, c’est un projet considéré comme prioritaire. Y compris par rapport à la déviation », annonce ainsi Jean-Jacques Lasserre, décidé donc à tenir ses engagements sur le financement du demi-échangeur, au coût de construction total estimé à 9M€ HT. Selon l’avenant au contrat de concession liant l’État aux Autoroutes du sud de la France (ASF), publié le 8 novembre au Journal officiel, le Département devra pour mémoire y contribuer à hauteur de 2,95M€, en compagnie de la CC Lacq-Orthez (1,8M€) et de la Ville (900 000€). Le reste à charge sera quant à lui réglé par l’État via les ASF, autorisées à revoir leurs tarifs afin de financer les investissements. Le tout pour une réalisation espérée à l’horizon 2022, comme en témoigne l’échéancier joint à l’avenant.

La rocade centre va donc devoir patienter. « On n’insulte pas l’avenir. On se réserve la possibilité de la faire. Mais elle ne sera pas pour l’exercice prochain », reprend le président du Département, qui compte bien, contrairement à ce qui était initialement prévu au début des années 2010, ne pas être le seul à mettre au pot pour l’aménagement estimé à près de 8M€.

« De toute façon, cette rocade ne pourra s’envisager que dans le cadre d’une action commune avec la communauté de Lacq-Orthez. C’est une règle que l’on va imposer dans le département. Notre rôle, c’est la circulation départementale. Il y a d’évidence des déviations ou des contournements qui ne sont pas dus à des nécessités départementales, mais au développement des collectivités locales. Il est donc juste qu’elles prennent une part de responsabilités », explique Jean-Jacques Lasserre, qui précise ne pas avoir encore rencontré l’intercommunalité pour négocier cette participation.

En attendant, le Département continue néanmoins à préparer le terrain, comme le suggèrent les 391 000€ inscrits à son budget 2019. Soit la première enveloppe significative, après plusieurs années avec zéro crédits alloués.

Les expropriations attendues

« Aujourd’hui, la priorité, c’est de boucler les acquisitions foncières. On n’a pas encore la maîtrise des terrains. Nous avons saisi le juge des expropriations l’année dernière. Mais c’est lui qui est maître de son calendrier », note Olivier Blanchet, directeur général adjoint chargé du patrimoine et des infrastructures. Une fois le différend avec les trois propriétaires récalcitrants réglé, la collectivité compte ensuite diligenter quelques investigations sur le tracé.. « C’est un secteur à enjeu archéologique potentiel. Il faudra faire des sondages », précise le cadre.

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