• Les « surcoûts » de la ligne Pau-Canfranc en débat
    La mise en place de télésurveillance sur 17 passages à niveau va être effectuée entre Oloron et Bedous, pour un montant de 925 000 €.

    ©m.z.
  • Les « surcoûts » de la ligne Pau-Canfranc en débat
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PAR GILDAS BOËNNEC, PUBLIÉ LE .

Marc Oxibar a critiqué la « rallonge » de 110 000 € votée par la Région pour le débroussaillage de la ligne entre Bedous et Canfranc. Il a condamné des « dérapages », alors que 925 000 € vont être investis entre Oloron et Bedous pour la télésurveillance de 17 passages à niveau.

Lors d’une commission plénière organisée le 9 octobre dernier au Conseil régional, l’élu originaire d’Oloron Marc Oxibar a une nouvelle fois tapé du poing sur la table, en pointant les « surcoûts » liés au projet de réouverture de la ligne Pau-Canfranc, porté par le président Alain Rousset, alors que le Conseil régional vient de voter de nouveaux crédits pour ce projet transfrontalier.

« En 2017, la Région demandait une rallonge de 670 000 € pour financer les travaux de débroussaillage de la ligne fermée depuis plus de 40 ans ! Le 8 octobre, c’est une rallonge de 110 000 € qu’il nous a été demandé de voter aux 970 000 € déjà validés, sous prétexte que la végétation coupée au printemps avait repoussé et empêchait les sondages ! À près de 1 100 000 € le débroussaillage, l’horticulteur qui a interpellé le président Macron peut traverser la voie de Bedous à Canfranc, il fera fortune ! Mon groupe a voté contre cette délibération », qui a tout de même été adoptée.

La Région explique effectivement que ce surcoût est dû à « la nécessité de faire passer un gyrobroyeur sur les 9,5 km défrichés en début d’année […], le printemps très pluvieux ayant provoqué une repousse incompatible avec les mesures à venir ». Il est également fait mention de la « nécessité de couvrir 1 km de linéaire qui avait été initialement fléché vers un chantier-école, qui a dû être abandonné faute de structure porteuse ».

« Dérapages financiers »

Marc Oxibar et le groupe LR-CPNT se sont également prononcés contre la mise en place de télésurveillance de 17 passages à niveau sur la ligne, pour la somme de 925 000 €. « Depuis trois ans, la Région avait demandé une dérogation d’exploitation entre Oloron et Bedous, les passages à niveau n’étant pas sécurisés. Cette dérogation arrivant à expiration et aucun travail n’ayant été effectué, il faut mettre en place de la télésurveillance pour près de 1 million d’euros pour pouvoir continuer à exploiter cette ligne ! Encore de l’argent gaspillé et des dangers qui persistent, la télésurveillance ne remplaçant pas les travaux de sécurisation des passages à niveau qui seront à faire ! » Marc Oxibar dit « regretter et dénoncer les dérapages financiers systématiques sur ce projet Pau-Canfranc », ainsi que les « approximations dans les évaluations de travaux divers ».

« Depuis le drame de Millas survenu en 2017, l’État a mis en place des règles qui s’imposent à l’Établissement public de sécurité ferroviaire : partout en France, là où il y a des passages à niveau qui traversent les lignes, il doit y avoir des caméras de surveillance, selon la nouvelle norme », explique Renaud Lagrave, vice-président à la Région chargé des infrastructures. « Ces investissements ne peuvent être évités à moins de fermer la ligne, mais le projet, c’est plutôt d’aller jusqu’à Canfranc », assure l’élu avec un sourire dans la voix. Quand Marc Oxibar évoque un gaspillage d’argent, Renaud Lagrave explique que « de nombreux passages à niveau ne seront jamais supprimés, y compris sur la Oloron-Bedous. Aujourd’hui, la solution trouvée par SNCF Réseau, c’est la mise en place de ces caméras, qui pourront, à terme, donner un certain nombre d’informations en amont de l’arrivée du train ».

« Pas question de flancher »

« Dès que le sujet de la Pau-Canfranc revient sur la table du Conseil régional, les groupes de la droite et de l’extrême droite s’en servent de prétexte pour afficher leur opposition systématique », regrette Bernard Uthurry, vice-président en charge du développement économique à la Région. « Il n’est pas question de flancher aujourd’hui pour la mise en place de cette ligne, alors que l’Europe nous a apporté son soutien, et que ce projet peut apporter des solutions à beaucoup de problématiques du territoire ! »

Les travaux se poursuivent entre Bedous et Canfranc

Les travaux sur l’ancienne ligne de chemin de fer entre Bedous et Canfranc sont particulièrement suivis par les membres du Comité pour la réouverture de la ligne Oloron-Canfranc (Creloc).

François Rebillard informe ainsi de « chantiers de déboisement et de sondages » ce mois-ci. « Il s’agit de travaux nécessaires à la reconnaissance des ouvrages ferroviaires pour permettre d’évaluer le coût de la réouverture totale. Ces chantiers avaient été arrêtés d’avril à fin août pour respecter les zones de faune et de flore sensibles. » Le Creloc estime que « cette activité hors du commun en vallée d’Aspe témoigne de l’intérêt porté par la Région et l’État pour rétablir la liaison ferroviaire internationale Pau-Zaragoza ». © françois rebillard

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