Les sauveteurs du hall de Canfranc

Août 7, 2016 | Ferroviaire, Presse espagnole

Periódico de Aragón

ANA LAHOZ

07/08/2016

La cara norte ya está restaurada. - CHUS MARCHADOR

On raconte qu’il y a des habitants de Canfranc qui sont nés dans la gare, dans les années 30. Le village n’avait pas de dispensaire, et la gare internationale, qui voyait passer des milliers de voyageurs, possédait un service permanent de pharmacie et d’assistance médicale. Cela conduisit de nombreuses femmes à traverser les voies pour accoucher dans cet édifice emblématique, symbole de l’architecture du XXe siècle, et un des lieux les plus visités d’Aragón.

Mais le temps s’est arrêté à Canfranc en janvier 1970, avec l’effondrement du pont de L’Estanguet, en France, qui mit fin au trafic ferroviaire international. Depuis lors, l’agitation des voyageurs a été remplacée par le silence. Et les murs ont vieilli dans la solitude. Mais l’Ecole Supérieure de Conservation et de Restauration des Biens Culturels d’Aragón, rattachée au ministère régional de l’Education, s’emploie depuis plusieurs années à réparer les cicatrices du temps.

Avec soin, délicatesse, patience et beaucoup d’heures de travail sur les échafaudages, les étudiantes –cette année il n’y a que des filles– restaurent le hall de la gare dans tous ses détails. « Ce projet exige beaucoup de recherches, ce qui nous a amenés à rassembler de l’information et des photos de l’époque pour faire une restauration plus fidèle », explique le directeur de l’école, Ignacio Mustienes.

 

DESTRUCTION A 90%

L’intervention dans le hall est compliquée parce que « presque 90% de la décoration originelle a été détruite » à la suite d’un projet de restauration approuvé en 2003, puis abandonné en 2009. Au printemps 2014, à son initiative, l’école a pris le taureau par les cornes et soumis au gouvernement d’Aragon –propriétaire de la gare depuis 2013—un projet de reconstruction.

Six étudiantes et deux professeurs travaillent huit heures par jour sur ce chantier. « Cette restauration est un défi, et nous ne pouvons envisager de reconstruire la gare de Canfranc en totalité. De nombreux modèles ont été perdus, et nous nous efforçons à rétablir les espaces les plus représentatifs dans leur aspect d’origine », argumente Mustienes.

Le directeur précise que la décoration intérieure du hall en 1920 était très riche et basée sur un « schéma classique » de pilastres, corniches et chapiteaux de plâtre. « C’est un espace qui comporte un mur dédié à la France et un autre à l’Espagne, symbole de la double nationalité de la gare ». La partie française est restaurée depuis l’an dernier, et il a été particulièrement difficile de restituer en partie l’iconographie de l’époque.

 

LE DERNIER TIERS DE 2017

« Nous avons des reliefs allégoriques du Dieu Mercure qui ont nécessité d’avoir recours à des images très anciennes et à des programmes informatiques pour la réalisation des prototypes », rappelle Mustienes, qui explique que Mercure, selon la mythologie, était le protecteur des voyageurs et des relations commerciales. « C’était un élément essentiel et une image représentative de la gare. Nous nous sommes attachés à sa restauration ».

L’école s’attaquera ensuite au mur sud du hall, dédié à l’Espagne. « Nous présenterons un projet de restauration et espérons qu’il sera retenu. J’ai bon espoir que ce soit pour le dernier tiers  de 2017, et que le hall soit complètement terminé »,  avoue Mustienes.

Outre les reliefs des murs, le hall –qui reçoit des visites guidées—conserve plusieurs guichets en bois  qui étaient des comptoirs de change et des kiosques de presse. También se pueden ver restos del incendio de 1931, como un cuadro eléctrico totalmente calcinado que todavía sigue allí.

Le sol est resté à l’état d’origine, tout comme les escaliers du hall qui mènent au passage souterrain  et les revêtements de marbre. On peut y lire de nombreuses inscriptions de voyageurs comme Berges. 28-6-53, qui mettent en évidence le temps qui passe. « Ce sont des marques de l’histoire vivante de ce lieu », dit Mustienes.

Share This