HERALDO DE ARAGON

15 NOVIEMBRE 2019

MONTSE LLORENTE

Miguel Ángel Sánchez, director de Cámara de Zaragoza, junto a José Manuel Rodriguez Chesa, vicepresidente del Consejo Aragonés de Cámaras; Ricardo Mur, presidente de CEOE Aragón; y Aurelio López de Hita, de Cepyme Aragón, hoy en Zaragoza

José Miguel Sánchez, directeur général de la Chambre de Commerce de Saragosse, José Manuel Rodríguez Chesa, vice-président du Conseil Aragonais des Chambres ; Ricardo Mur, président de CEOE Aragón; et Aurelio López de Hita, de Cepyme Aragón.  I. M.

Les événements de ces dernières semaines en Catalogne, où des mouvements séparatistes ont bloqué les passages frontaliers vers la France, la Junquera d’abord, puis Irun, conduisent les entreprises aragonaises à exiger la Traversée Centrale des Pyrénées, une nécessité non seulement pour l’Aragón mais même pour toute l’Espagne. CEOE Aragón a joint sa voix à celle du Conseil Aragonais des Chambres de commerce et de Cepyme Aragón (PME) pour renouveler la revendication de cette infrastructure à travers les Pyrénées aragonaises, indispensable pour que cela ne se reproduise pas.

« Écœurement et indignation », a dénoncé Ricardo Mur (CEOE Aragón), au nom de tous les aragonais du fait que « des minorités violentes coupent l’autoroute à Barcelone et également côté français, pénalisant tout le tissu industriel aragonais sans que personne ne réagisse, à la différence de l’Etat français, qui lui est intervenu rapidement ». Cela nous amène à penser, dit le responsable du syndicat patronal aragonais, que « le nouveau Gouvernement, qui a besoin du soutien des indépendantistes catalans, va prioriser les infrastructures en Catalogne aux dépens de celles de l’Aragon. C’est pourquoi il nous faut élever la voix. L’Aragon va lutter car il n’est pas juste que le Gouvernement central pénalise les communautés autonomes loyales envers l’Espagne, et oublie leurs infrastructures, et que sous la pression, il donne la priorité aux intérêts de la Catalogne et du Pays Basque ».

Ricardo Mur et Aurelio López de Hita, président de Cepyme Aragón, ont expliqué en conférence de presse que ces connexions tant ferroviaires que routières, notamment la Traversée Centrale des Pyrénées aragonaises, sont indispensables pour développer le potentiel logistique aragonais, la compétitivité du tissu industriel et l’attractivité de la région pour attirer de nouveaux investissements.

 

« L’Espagne ne peut conditionner ses liaisons avec la France à ce qui se passe en Catalogne », insiste Ricardo Mur. D’où la nécessité du passage alternatif que représente la Traversée Centrale des Pyrénées, une troisième voie pour garantir la connexion au cas où les passages de la Junquera ou Irún,  qui supportent 93% du trafic de marchandises et 92% des personnes, viendraient à faillir.  « Les autres passages ne représentent que 7% », ajoute-t-il. « Nous ne pouvons vivre en Aragón sous la menace de ce qui peut se passer en Catalogne, et nous devons avoir les investissements auxquels nous avons droit », a-t-il souligné.

 

« Fini de se taire », a martelé López de Hita. « Il faut élever la voix pour que l’Aragón ne soit pas toujours pénalisé, méprisé et marginalisé par des intérêts partisans qui passent avant l’intérêt général ». Face à ceux qui sortent toujours gagnants, la Catalogne et le Pays Basque, « il faut faire bloc en défense des intérêts de l’Aragón ».

De fait, ont dit les représentants du patronat aragonais, par sa situation géographique, l’Aragón, avec des infrastructures adaptées, devrait être le nœud logistique du sud de l’Europe, articulant le transport intermodal de marchandises entre, d’une part l’Atlantique et la Méditerranée, et d’autre part, les principaux ports du sud de l’Europe (Sines au Portugal et Algésiras en Espagne) et le centre et le nord de l’Union Européenne, rejoignant les trafics intercontinentaux de l’UE.

 

CEOE Aragón, CEPYME Aragón et le Conseil Aragonais des Chambres considèrent que le moment est venu de reprendre la réclamation de ces infrastructures, particulièrement la Traversée Centrale des Pyrénées (TCP) et l’achèvement de l’autovía Somport-Sagunto, ainsi que l’urgente modernisation de la liaison avec la France.

La TCP, qui avait fait partie des Axes prioritaires du réseau Transeuropéen de Transport dans le cadre de l’Axe 16 (Sines/Algésiras-Madrid-Paris) permettrait de renforcer le trafic ferroviaire de marchandises à travers un tunnel à basse altitude et  de grande capacité dans la partie centrale des Pyrénées. Mais cette infrastructure est tombée dans l’oubli en 2011.

 

En ce qui concerne l’autovía Somport-Sagunto (A-23), elle attend  la terminaison du tronçon  Jaca-Somport (30 Km de la N-330) et l’amélioration de la connexion à travers le tunnel du Somport, et plus particulièrement dans la partie française (RN-134). Il est indispensable d’impliquer les Gouvernements français et européen pour investir dans la modernisation d’une route française  plus propre du XIXe siècle que du XXIe, et dont les fermetures au trafic de PL se répètent régulièrement en hiver, entrainant des pertes et des dérangements aux entreprises et aux populations aragonaises.

CEOE Aragón, le Conseil Aragonais des Chambres et CEPYME Aragón considèrent que ces infrastructures doivent être prioritaires pour le Gouvernement central, qu’il soit de droite ou de gauche, car c’est la seule alternative viable à la congestion des passages transfrontaliers existants aux extrémités des Pyrénées, apportant la stabilité politique et institutionnelle à l’Aragón face aux problèmes que nous avons vécus ces derniers jours, en particulier à La Junquera. Leur réalisation est viable et soutenable au plan environnemental avec les garanties et les technologies existantes.

Share This