HERALDO DE ARAGON
28/10/2019
Rubén Darío Núñez
Laura Zamboraín

L’ouverture récente de nouveaux tronçons de l’autovía A-23 venant compléter le col de Monrepós a entrainé une hausse du trafic de presque 13% en quelques mois. Et la même tendance est prévisible sur l’A-21, dont un nouveau tronçon devrait ouvrir en fin d’année entre Santa Cilia et Puente La Reina. Une augmentation de la circulation qui devra être absorbée en grande partie par la N-330, au nord de Jaca, de sorte que les municipalités de la vallée de l’Aragón réclament aussi des travaux de renforcement de la sécurité et de réduction des nuisances.
Le Ministère avait envisagé en son temps de prolonger l’autovía sur le tronçon Jaca-Somport pour compléter l’itinéraire depuis Sagunto (Valencia) et avait ouvert une période de consultations, avant de l’abandonner en 2005 en raison de son important impact environnemental et face à l’opposition générale des municipalités. En compensation, il décidait de prévoir l’amélioration intégrale de la N-330 évaluée à 43 millions d’euros, comprenant la construction de contournements de Castiello de Jaca et Villanúa, ainsi que la sécurisation de cette section. Le projet a passé l’étape de la déclaration d’impact environnemental en 2008, mais il est resté depuis dans les tiroirs de Fomento.
Le chef de la Démarcation des Routes en Aragón du Ministère, Rafael López Guarga, confirme l’abandon du projet de transformation en autovía du tronçon entre Jaca et le tunnel du Somport. Et il insiste sur le fait qu’après les travaux entrepris sur les autovías des Pyrénées (A-21 et A-23), « le plus important aujourd’hui est de faire pression pour obtenir que la partie française soit aménagée de façon similaire à ce qui existe côté espagnol ».
Les maires de la vallée de l’Aragón sont d’avis que la mise à quatre voies de cette dernière section de la N-330 n’est pas nécessaire, mais ils demandent quelques aménagements. « Les autovías ne peuvent aller jusqu’aux stations », souligne Luis Terrén, maire de Villanúa. A son avis, « les nuisances environnementales seraient très importantes car cela détruirait la vallée ». Il pense que l’on doit se limiter à « quelques contournements comme à Castiello de Jaca mais au-delà vers le tunnel cela devient très difficile ». Il rejette le projet qu’avait envisagé l’étude informative de construire un contournement de Villanúa par l’ouest « parce que la place manque et ce serait très compliqué ». Il souhaite uniquement « un entretien renforcé et quelques améliorations ponctuelles » pour faire face à la hausse de trafic de voitures et camions.
Le contournement prévu de Castiello de Jaca est arrêté pour le moment, affirme le maire Álvaro Salesa. Le Ministère de Fomento avait exproprié les terrains et les avait même payés, « mais nous n’avons plus aucune information et je ne sais pas si le projet existe encore ou une quelconque étude. La mairie n’a rien reçu », souligne-t-il.
Álvaro Salesa, au contraire, maintient la revendication parce qu’en période d’affluence touristique ainsi que les week-ends de ski, des bouchons se forment sur la N-330, surtout dans les traversées de villages, comme à Castiello, où la vitesse est limitée.
De son côté, Fernando Sánchez, maire de Canfranc, rappelle que « le contournement du village est en fait le tunnel lui-même. Et dans l’ancien village, la route passe déjà à l’extérieur. Il était prévu une voie rapide, un peu sur la gauche mais ce n’est pas un besoin urgent ».
En revanche, il souhaite quelques aménagements pour l’ancien village, tels que l’installation d’écrans acoustiques en raison de la hausse de trafic et parce que la N-330 passe tout contre la zone urbaine, explique-t-il. Il demande également l’aménagement d’un arrêt d’autobus.
Quant à un éventuel élargissement en autovía dans la vallée, Sánchez reconnait comme ses collègues que ce n’est pas nécessaire. « Les maires ne souhaitent pas qu’on fasse des travaux à fort impact environnemental qui n’auraient aucun sens étant donné l’état de la route française au-delà du tunnel ».

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