Le préfet du 64 Gilbert Payet et le sous-préfet d’Oloron Christophe Pécate ont été guidés par les membres du Creloc à travers le tunnel hélicoïdal de Sayerce.
Par Gildas Boënnec, publié le , modifié .

Au terme de sa visite du tunnel hélicoïdal de Sayerce, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a apporté son soutien aux partisans de la réouverture de la ligne Oloron – Canfranc. Un appui de poids, alors que l’aval de l’État est encore attendu dans ce dossier.

Tout un symbole. C’était la toute première fois, ce mardi, que le tunnel hélicoïdal de Sayerce recevait la visite d’un préfet.

Accompagnés par les membres du Comité pour la réouverture de la ligne Oloron – Canfranc (Creloc), Gilbert Payet et le sous-préfet d’Oloron Christophe Pécate ont visité ensemble cette infrastructure, qui fait partie des 33 derniers kilomètres à remettre en état pour que puisse être rétablie une liaison ferroviaire entre Pau et Saragosse.

« C’est assez haut et assez large »

Tout en guidant le préfet du début à la fin de ce long couloir de 1 793 mètres, les membres du Creloc se sont appliqués à tordre le cou aux arguments de ceux qui ne croient pas au projet de réouverture de cette ligne transfrontalière. Le vice-président François Rebillard dégaine son mètre pour consolider son argumentaire : « contrairement à ce que certains disent, ce tunnel est assez haut et assez large pour que les trains modernes y circulent sans problème, y compris dans les courbes ! »

L’ouvrage effectue en effet une boucle, et si ce caractère « hélicoïdal » provoque des interrogations chez certains spécialistes concernant le transport de marchandises, le président du Creloc Alain Cazenave-Piarrot indique de son côté en souriant qu’il « ne faut pas croire les ‘infox’ des opposants au projet ».

L’occasion était trop belle pour les partisans de la réouverture de la Oloron – Canfranc, qui n’ont pas hésité à sonder le préfet sur un éventuel soutien du projet : « avec le financement annoncé de l’Espagne, de l’Aragon, de la Nouvelle-Aquitaine et surtout de l’Union européenne, on est face à un incroyable alignement de planètes : ne reste plus qu’à savoir si l’État français soutiendra ou non ce projet », glisse Alain Cazenave-Piarrot.

« Une ligne qui créera son trafic »

D’emblée, le préfet annonce qu’il se mettra bientôt en contact avec les instances parisiennes pour évoquer ce projet transfrontalier. « L’État a bien conscience que c’est un investissement qui couvrira des décennies de ressources.

Toutefois, le financement européen ajoute de la crédibilité au projet, et à titre personnel, je pense que la ligne pourrait être capable de créer son propre trafic ». Gilbert Payet estime « qu’il faut qu’on travaille à la réouverture de cette ligne, ne serait-ce que pour la problématique du développement durable ». Reste à savoir si le gouvernement d’Emmanuel Macron partage les convictions affichées par le préfet des Pyrénées-Atlantiques.

Les études liées à la réouverture de la ligne devraient être livrées dès cette année à la Commission européenne : les travaux, quant à eux, ne surviendront pas avant 2020.

Camions sur la R134 : le trafic local ne l’était pas vraiment

Gilbert Payet est également revenu sur des statistiques récentes de la préfecture, mettant en valeur que 60 % des camions circulant sur la RN134 étaient liés au trafic local. « Lorsqu’on a regardé dans le détail, on a pu s’apercevoir qu’un camion partant de Huesca et allant à Amsterdam était considéré comme du trafic local. J’ai donc demandé à ce que soit effectuée une réévaluation plus cohérente », explique le préfet, qui s’attend à voir ce chiffre divisé par deux.

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