EL PAIS

CRISTINA VÁZQUEZ

Valence – 13 DEC 2021

 

La reconfiguration ferroviaire de Valence —les voies du train sont aujourd’hui une barrière pour les quartiers sud de la capitale régionale— et la construction de la ligne à grande vitesse vers Castellón, dans le cadre du projet de Couloir Méditerranéen, affectera des dizaines d’hectares de terres agricoles dans une zone protégée en raison de sa haute valeur agricole, et affectée par le boom de l’immobilier et le passage d’autovías et de routes de contournement. Le développement du train a été immobilisé à la suite des crises successives, et aujourd’hui, après deux décennies, le Gouvernement espagnol l’a réactivé en plein débat sur l’urgence climatique et la décarbonation. Plusieurs associations citoyennes et écologistes, ainsi que les municipalités alertent sur l’impact de ces projets sur un territoire aussi fragile qu’unique et que la FAO a inscrit en 2019 au patrimoine agricole mondial.

Le Ministère des Transports a présenté au public le 28 octobre les études préalables de deux des infrastructures prévues dans le cadre du Couloir Méditerranéen : Le tunnel ferroviaire de traversée de Valence, qui passera en sous-sol, mettant fin à la configuration en cul de sac de la gare centrale de la capitale régionale, et donnant continuité a la circulation des trains vers le nord ; et la ligne à grande vitesse qui reliera Valence et Castellón, un projet de 2002 abandonné en 2011.

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Les différents tracés possibles et leurs conséquences sur le territoire ont agité les débats (…). Les alternatives les moins pénalisantes prévoient l’occupation de plus de 14 ha de terres agricoles protégées, dont neuf définitivement perdus. (—)

La plus favorable au plan environnemental inclut un tunnel entre Valence et le village voisin de Vinalesa (à sept kilomètres) qui détruirait le moins de surface agricole serait aussi la plus chère (2,2 milliards d’euros, 800 millions de plus que le tracé le plus économique des sept étudiés par le ministère.

La période de consultation publique s’achève, et Vicent Boira, le commissaire du Gouvernement pour le Couloir Méditerranéen, soutient la validité des deux projets. (—). Les travaux contribueraient à la décarbonation, en réduisant le nombre de camions et voitures sur la route et en créant une autoroute ferroviaire vers l’Europe

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Face à la controverse croissante, le commissaire conseille d’éviter la paralysie. « Ne rien faire, c’est maintenir le statu quo et donner la préférence à la route. Il faut inverser la tendance et offrir des solutions de transport plus soutenables. » (—). Selon Boira, l’impact d’une ligne de chemin de fer est de sept m2 par passager, contre 100 m2 pour la route.

 

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