Le propriétaire de l’aéroport de Pau souhaite que la création de ces nouvelles lignes soient effectives dès 2019. Le marché sera pour trois ans.

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Par Pierre-Olivier JUlien, publié le , modifié .

Le syndicat mixte de l’aéroport cherche des compagnies prêtes à assurer des liaisons régulières avec le Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas.

Sur la route, on appelle ça se préparer à un nouveau tournant. En aviation, on pourrait plutôt dire ici « remettre les gaz ». C’est en tout cas ce que cherche depuis des mois l’aéroport de Pau-Pyrénées, son propriétaire (le syndicat mixte) et son exploitant depuis 2017 (Air’Py).

Avec 600 000 passagers en 2017, le site palois peine en effet à atteindre ses objectifs de 850 000 à 900 000 clients par an. Dans les tuyaux depuis quelques semaines, l’une des solutions pour y parvenir a pris corps le 14 décembre dernier avec le lancement d’un marché public en procédure concurrentielle. Son objectif : trouver, d’ici le 28 février, des compagnies prêtes à accompagner la création de nouvelles dessertes aériennes au départ de Pau. Des lignes dont le démarrage est souhaité « effectif à partir de 2019 », et pour une durée de trois ans.

Beau challenge, mais vers où ? Sans ambages, l’aéroport palois cible aujourd’hui l’Europe du nord. « L’aéroport, dont la vocation initiale est la clientèle d’affaires, ne répond que partiellement aux besoins de desserte de son territoire et de sa zone naturelle de chalandise, tant à l’import qu’à l’export » relève le syndicat. C’est pourquoi l’ambition désormais est d’améliorer son attractivité touristique sur un bassin stratégique « émetteur de clientèles qui fait l’unanimité chez les institutionnels et professionnels du tourisme et des milieux socio-économiques : l’Europe du nord ». Comprendre ici le Royaume Uni, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne.

Des pays qui envoient déjà des touristes en Béarn

Logique quand on sait que ces quatre pays figurent dans le top 7 des pays qui envoient des touristes en Béarn, respectivement 48 289, 33 785, 32 273 et 31 565 en 2017. À travers des marchés de services allotis, le SMAPP souhaite donc, d’abord une ligne régulière entre Pau et l’agglomération de Londres, à raison d’un minimum de deux rotations par semaine. « Le Royaume-Uni étant le second partenaire commercial du Béarn et de par la centralisation très forte de l’activité dans la capitale, toutes les entreprises exerçant une activité internationale ont des besoins de déplacement vers Londres » justifie le syndicat mixte.

Dans ce même contexte, Pau vise une liaison avec le Royaume-Uni, hors Londres puisque les Britanniques représentent, après l’Espagne et le Portugal, la première clientèle étrangère en Béarn. « Pau est d’ailleurs le plus grand aéroport français non relié en vols réguliers au Royaume-Uni ». Comprendre qu’il manque des vols directs.

L’ambition se porte aussi vers une grande agglomération belge. « L’existence d’un historique de trafic entre Pau et Charleroi, auquel s’ajoute un potentiel touristique dans les deux sens, positionne la Belgique comme un marché stratégique » explique le SMAPP dans l’appel à concurrence. Ici, les Palois espèrent un service d’au moins 3 mois consécutifs (incluant juillet et août) à raison de deux rotations hebdomadaires au minimum.

Retrouver un certain passé

Même optique avec les Pays-Bas et mêmes objectifs pour se relier avec une grande agglo néerlandaise, comme ce fut le cas par le passé avec Amsterdam. Enfin, et cela avait été moins dit jusqu’ici, l’Allemagne (Francfort, Berlin, Düsseldorf, Munich, Cologne ou Hambourg) est également dans le viseur avec un service minimum de 2 vols par semaine sur au moins trois mois consécutifs. « Une ville comme Munich présente un fort attrait touristique et économique notamment dans le domaine de l’industrie aéronautique » pointe-t-on d’ailleurs du côté de Pau.

Par ces créations de lignes, l’aéroport espère donc donner se donner un coup de boost et davantage de visibilité. À l’instar de ce qu’il a connu entre 2003 et 2013, quand les low-costs assuraient déjà des liaisons avec Londres, Bristol, Southampton (grâce à Ryanair, CityJet et Flybe), Charleroi (avec Ryanair) et Amsterdam (avec Transavia et CityJet).

Aujourd’hui, 13 lignes opérées par 7 compagnies

Durant les deux dernières années, le nombre de destinations et de compagnies aériennes desservant l’aéroport palois a doublé, pour s’établir désormais à 13 lignes opérées par 7 compagnies : 6 vols quotidiens avec Paris Orly (avec Hop ! Air France), 3 à 5 vols quotidiens avec Paris Charles-de-Gaulle (avec Hop ! Air France et easyJet en février), 3 vols quotidiens avec Lyon (avec Hop ! Air France), 9 vols par semaine avec Marseille (avec Twin Jet), 9 vols par semaine avec Nantes (avec Chalair Aviation), 2 vols par semaine en été avec Nice (avec Volotea), 1 vol par semaine en été avec Bastia (avec Hop ! Air France), 1 vol par semaine en été avec Ajaccio (avec Hop ! Air France), 1 vol par semaine en hiver avec Lille (avec Hop ! Air France), 1 vol par semaine en hiver avec Strasbourg (avec Hop ! Air France depuis le 24 novembre), 1 vol par semaine en hiver avec Brest (avec Hop ! Air France à partir du 22 décembre), 1 vol par semaine en hiver avec Caen (avec Hop ! Air France à partir du 22 décembre), 1 à 2 vols par semaine avec Marrakech (avec Air Arabia).

Comment le syndicat vend l’aéroport auprès des candidats

Pas facile de convaincre des compagnies aériennes de venir s’implanter en Béarn. Pour séduire les potentiels candidats, le syndicat mixte s’appuie dans l’appel à la concurrence sur plusieurs chiffres. Ainsi, il rappelle que l’aéroport dispose d’une zone de chalandise de 700 000 habitants à moins d’une heure de route du site. Il présente aussi le Béarn comme « un territoire en croissance démographique », avec 95 000 emplois et « un taux de chômage inférieur aux moyennes nationale et régionale ». Pour attirer l’œil des compagnies, le SMAPP mise également sur les chiffres du tourisme : 8,1 millions de touristes dans le 64 en 2017, 2,7 millions en Béarn, en hausse de 1,2 % par rapport à 2016. Et de noter, stratégiquement, que le Pays basque voisin, lui, en perd 7,6 %.

 

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