HERALDO DE ARAGON

Ramón J. Campo             Elena de la Riva

Zaragoza

20/02/2018

Fotografías históricas recopiladas por el departamento de Documentación

Le 21 février 1948, il y a 70 ans, Canfranc célébrait par un repas entre les autorités espagnoles et françaises la réouverture du train Canfranc-Pau. Cette date oubliée coïncide dans le temps avec l’actuelle bataille que livrent l’Aragón et la Nouvelle Aquitaine pour la réouverture de la ligne fermée en 1970, même si en ce XXIe siècle les motifs mis en avant sont différents. Le passage international est resté fermé quatre ans (du 9 juin 1944 jusqu’en février 1948) en raison de la condamnation internationale du régime de Franco pour son comportement durant la IIe Guerre Mondiale (l’ONU l’a condamné en 1946). Bien que la ligne ferroviaire ait été fermée durant la Guerre Civile (1936-39) et rouverte en mars 1940, les autorités des deux pays n’avaient pas célébré cette réouverture même si « cela revenait au même »: l’ouverture du passage entre les deux pays, comme dit l’historien Alfonso Marco, auteur du livre ‘Canfranc. Histoire d’un train de légende’.

La mairie de Canfranc avait invité les représentants français et espagnols à un vin d’honneur et à un déjeuner à l’Hôtel International, auquel assistaient 125 personnes, selon la chronique de HERALDO. Parmi les assistants français figurait le maire de Pau, Louis Sallenave, qui a prononcé un discours soutenant les échanges culturels et économiques entre les deux pays et qui concluait par une phrase qu’on peut lire sur un château français: « Ce qui doit être ne peut manquer ». L’inspecteur en chef des Basses Pyrénées, Mr. Fortin, souligna qu’il n’y a « aucune différence entre l’Aragon et le Béarn » et que « toute la population française souhaitait ardemment la réouverture de la frontière ».

Parmi les faits saillants des chroniques de  ces jours, figure la nécessité de « traités commerciaux » pour le rétablissement des relations entre les deux pays. Et la reprise du trafic en transit avec la Suisse et les autres pays Européens qui « avaient atteint 38 wagons par jour » pendant la IIe Guerre Mondiale. Les maires de Pau (Louis Sallenave) et de Huesca (Vicente Campo) proposèrent la création d’une chambre de commerce franco-espagnole pour promouvoir ces exportations et importations. Les français firent observer qu’après la guerre mondiale la construction automobile avait repris, comme l’édition de livres et autres industries traditionnelles. Et la représentation espagnole avait ajouté qu’il serait bien que les industries françaises participent à la Foire Exposition de Zaragoza.

Le président de la Chambre de Commerce de Zaragoza, Manuel Teruel, a  rappelé lundi dernier que la technologie des entreprises françaises avait permis l’installation de sucreries en Aragon et que leurs industries avaient participé aux premiers pas de la Foire Expo, qui est née en 1941. « La Foire Internationale de la Machine Agricole (qui est inaugurée aujourd’hui en présence du roi Felipe VI) va accueillir quelques 20.000 français, surtout des départements du sud, sur les 240.000 visiteurs attendus, ce qui en fait le troisième pays après l’Espagne et l’Italie », souligne Teruel. « Si le train fonctionnait entre les deux pays par Canfranc la FIMA serait pleine de français. Le chemin de fer est un  outil de communication entre les villes qui augmenterait le flux de visiteurs que nous avons ces jours-ci », a-t-il conclu.

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