La Cour des comptes tacle la ligne Oloron-Canfranc

Nov 4, 2019 | Numérique, Presse française

 

Publié le 04/11/2019 à 3h55. Journal Sud-Ouest

La facture écologique de la ligne est notamment pointée par le rapport.

La Région Nouvelle-Aquitaine réagit à un récent rapport national de la Cour des comptes, qui se penche, sans tendresse, sur la réfection de la ligne franco-espagnole.

Étienne Czernecka

e.czernecka@sudouest.fr

Un rapport de la Cour des comptes, publié le 23 octobre dernier, dénonce la dégradation des lignes de TER, tout en pointant le coût élevé de ces transports en commun. Plusieurs pages de ce rapport national font référence à la ligne Oloron-Canfranc, citée comme mauvais exemple. Sans surprise, les importants financements pour remettre en état cette ligne ferroviaire et sa faible fréquentation sont montrés du doigt.

« La fréquentation de la section entre Oloron et Bedous est extrêmement faible, avec environ 40 voyageurs par jour en juillet, qui est le mois le plus fréquenté, donc au maximum environ 15 000 voyages par an, argumente la Cour des comptes. Or, le coût total (infrastructure et fonctionnement) peut être estimé à 4,6 millions d’euros par an, soit 307 euros par voyage. Le prix du billet (5,50 €) ne couvre donc qu’à peine 2 % du coût total. »

Sur le coût de la remise en fonction de la ligne, le rapport note : « Le prolongement de Bedous à Canfranc coûterait entre 126 et 158 millions d’euros supplémentaires, pouvant remettre en cause le financement de la régénération des lignes TER existantes pour l’ensemble de la région. Or, à ce jour, des travaux préparatoires de débroussaillage ont déjà coûté plus d’un million d’euros à la Région et des études ont été lancées pour 14,7 millions d’euros dans le cadre d’un programme de coopération transfrontalière (pour moitié financée par l’Union européenne). »

Contre-attaque

Dans un communiqué, la Région se défend, et contre-attaque : « Le plus surprenant dans ce rapport est qu’il émane d’une structure qui loue dans ce document l’investissement et le ‘‘fort engagement’’ des Régions pour le sauvetage du réseau ferroviaire et TER tout en prônant, ‘‘en même temps’’, la suppression des petites lignes… » Le ton est acide, avec la reprise de la célèbre formule présidentielle.

« Maintenir de la population »

« Le rapport offre aussi une vision caricaturale du TER, en se focalisant sur le sujet des lignes de dessertes fines du territoire qui coûteraient cher et transporteraient peu de personnes. Il ne comporte pas de réelle vision de ce qui constitue le versant ‘‘Aménagement du territoire’’ dans le rôle que jouent les lignes TER, un rôle d’aménagement qui est minimisé voire éludé », argumente encore la Région.

Et de poursuivre : « Les notions de service public et d’aménagement du territoire constituent une priorité pour le Conseil régional. En effet, l’importance des TER est considérable, même si la fréquentation ou la densité de population est faible. C’est un élément qui permet de maintenir de la population dans ces secteurs, de soutenir les actions des collectivités pour l’attractivité des territoires. » Ce rapport de la Cour des comptes renseigne en tout cas sur les intentions de l’État de ne pas s’engager dans l’amélioration du réseau des petites lignes ferroviaires, comme celle reliant Pau à Canfranc.

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