En Nouvelle-Aquitaine, opération séduction pour les trains régionaux
L’été a été fructueux pour les trains régionaux (ici un TER de la ligne Oloron-Bedous). La SNCF et le Conseil régional veulent transformer l’essai en mulitpliant les offres commerciales et la promotion des abonnements

© archives nicolas sabathier
Par E.N, publié le , modifié .

Le regain de la fréquentation des trains régionaux s’accompagne d’une offensive commerciale de la SNCF et du conseil régional.

Congestion des agglomérations, logique environnementale, gain de pouvoir d’achat… ce sont sans doute plusieurs raisons qui expliquent la hausse de fréquentation observée depuis plusieurs mois dans les trains régionaux (TER) en Nouvelle-Aquitaine.

« Nous sommes sur une tendance de 10 % depuis trois ans » se sont félicités ce lundi, depuis Angoulême, l’élu régional en charge des transports Renaud Lagrave et le responsable de SNCF Mobilités en Nouvelle-Aquitaine Philippe Bru.

La fréquentation devrait même être record durant ces mois d’été, avec en sus un taux de ponctualité qui retrouve enfin quelques couleurs puisqu’il est remonté sur l’ensemble de la région à 94 %, après s’être longtemps traîné sous le seuil des 90 % (soit un train sur 10 avec un retard de plus de six minutes).

Potentiel de développement

Si évidemment, dans le détail, les situations diffèrent selon les départements, la SNCF et le conseil régional veulent convaincre de plus en plus de gens de prendre le train au détriment de la voiture. Et notamment les salariés-navetteurs. « 60 000 personnes prennent le train tous les jours. Mais on estime qu’en Nouvelle-Aquitaine, 400 000 personnes résident dans une ville qui abrite une gare et vont travailler dans une autre qui dispose elle aussi d’une gare » explique Renaud Lagrave. Traduction, le potentiel de développement est immense pour peu que ces usagers putatifs soient sensibilisés aux atouts du rail.

Des billets à petits prix

Pour cela, dès cette rentrée, plusieurs dispositifs et opérations sont lancés. D’abord pour toute souscription d’un abonnement annuel, qui s’applique sur une distance donnée (comme Pau-Orthez ou Pau-Oloron), 30 % seront offerts sur la première mensualité. La SNCF met également en place une garantie fiabilité, basée sur inscription, qui permet aux abonnés de bénéficier de réductions si leur train est retardé de plus de 15 minutes ou supprimé 8 fois ou plus dans le mois.

Une prospection est parallèlement engagée auprès des entreprises régionales afin de faire connaître ces services ainsi que les différentes formules d’abonnement (dont rappelons-le, 50 % peuvent être pris en charge par l’employeur). Enfin, pour les non-abonnés, chaque jour 30 % des trains TER seront accessibles à petits prix « avec a minima un train par ligne » dixit la SNCF.

La SNCF veut faciliter l’accueil des cyclistes

Sur les quais des gares, dans les trains, ils sont de plus en plus nombreux. Les usagers qui voyagent avec leur vélo – cyclotouristes bien sûr mais aussi salariés qui embarquent leur engin pour rejoindre ensuite leur lieu de travail depuis la gare – se multiplient.

Un phénomène en forte expansion et pas forcément simple à gérer pour la SNCF, qui doit pouvoir les accueillir dans des trains acquis il y a plusieurs années pas souvent équipés. Sans compter les conflits possibles entre usagers à vélos et usagers

Face à ce phénomène, qui n’est pas circonscrit à seule la période estivale, l’opérateur ferroviaire a mis en place, ce qu’il appelle des « mesures vélos. » Deux lignes ont d’abord été concernées cet été : Bordeaux-Arcachon et Bordeaux-Hendaye. Ce qui se traduit par l’augmentation de places disponibles pour les vélos (25 par exemple sur Bordeaux-Hendaye) et la présence de personnels pour charger et décharger les vélos. Résultat : plus de 1000 vélos en juillet sur Bordeaux-Arcachon et plus de 400 sur Hendaye-Bordeaux. Un succès qui incite la SNCF et le conseil régional à étendre ces mesures sur le réseau néo-aquitain.

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