Echangeur de Carresse-Cassaber : les Landais s’impatientent et dénoncent l’attitude du 64
Le demi-échangeur de l’A 64 vers Carresse-Cassaber suscite des tensions entre 64 et 40.

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Par Pierre-Olivier Julien, publié le , modifié .

Les Pyrénées-Atlantiques conditionnent leur participation financière au projet. Quand d’autres se sont déjà désengagés.

Le cri d’alarme est venu des Landes, vendredi, et de leur président du conseil départemental, Xavier Fortinon. En séance plénière, l’élu s’est inquiété de l’avancée du projet de demi-échangeur sur l’A64 qui doit voir le jour à Carresse-Cassaber. « Il faut désormais entrer dans la phase opérationnelle, en signant la convention. Sauf que certains reviennent sur leur parole donnée par écrit il y a deux ans  » nous confiait ce lundi le président landais.

C’est lors d’un point avec le préfet du 40, fin mai, que l’élu a en effet découvert que le tour de table financier était grandement remis en cause par les possibles défections du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, de la communauté de communes du Béarn des Gaves et de deux des trois carriers privés de Carresse-Casseber.

« Le Béarn des Gaves affirme que, depuis leur fusion d’intercommunalités, ils n’ont plus les moyens de mettre les 500 000€ promis. Côté carriers, seul le groupe Daniel est prêt encore à investir 500 000 €. Mais il était espéré 1 million avec les deux autres, Cemex et Siniat. Quant au Département des Pyrénées-Atlantiques, il s’était engagé pour 2 millions mais désormais conditionne sa participation au sort de deux autres infrastructures. Ce n’est pas sérieux, ni respectueux. Nous ne voulons pas servir de monnaie d’échanges dans la discussion entre le CD64 et l’Etat » s’emporte Xavier Fortinon.

Et le président landais de rappeler l’importance du demi-échangeur à Carresse pour soulager le trafic sur les communes de Sorde-l’Abbaye et Peyrehorade. « C’est nous qui subissons aujourd’hui les nuisances. Et les seuls qui tenons notre parole dans ce dossier. Notre département apportera bien les 4,7 millions prévus. Et la communauté de communes du Pays d’Orthe et Arrigans ses 250 000 € ».

Rappelons ici que le coût de l’infrastructure sur l’A 64 est estimé à 13,5 millions hors taxe et que les subventions des acteurs du territoire devaient donc s’élever à près de 8,5 millions. « En l’état aujourd’hui, il manquerait 3 millions » s’inquiète Xavier Fortinon qui appelle toutes les parties « à un retour à la raison ».

Mais cela presse. Comme l’indique l’élu landais, la convention doit être signée avant le 8 novembre, date butoir du bouclage du plan d’investissement autoroutier. « Les discussions entre l’Etat et Vinci sont en cours. Il faut qu’elles aillent au bout. Et on compte bien que les choses soient réglées d’ici le 8 novembre. Nous l’avons redit au préfet récemment et nous sommes confiants » veut rassurer le Département des Pyrénées-Atlantiques.

« Nous ne reculons pas », mais…

Mais, entre les lignes, la collectivité basco-béarnaise reste ferme sur sa position. Le CD64 souhaite que le projet de Carresse, comme celui de la Virginie à Orthez, soient vus au même niveau de priorité que l’échangeur attendu à Morlaàs et la bretelle autoroutière de raccordement ouest de Peyrehorade (le BARO) qui figurent eux déjà dans le contrat de concession avec Vinci.

Sauf que pour ces deux derniers, aucune date n’a été précisée. Or, les Pyrénées-Atlantiques attendent « un accord global sur les quatre infrastructures. Le plan de relance autouroutier avait été signé en 2015 sur cette base. Nous voulons donc un engagement ferme de l’Etat pour que Morlaàs et le BARO se fassent dans le même calendrier que Carresse et Orthez ».

Concernant le financement, la collectivité assure cependant : « Nous ne reculons pas ». Quant au désengagement de la CC du Béarn des Gaves (dont nous n’avons pu joindre le président), il ne serait pas total « et la CC du Pays d’Orthe pourrait finalement doubler sa subvention » glisse-t-on dans le 64. Ce qui fait rire jaune dans le 40.

Pour sa part, le député David Habib, inquiet pour les réalisations à Carresse et à Orthez, a écrit au président Jean-Jacques Lasserre et au préfet pour s’étonner de cette situation. Et de réclamer rapidement des informations « objectives et directes » sur le sujet.

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