HERALDO DE ARAGON
11 décembre 2019
Ramón J. Campo

Crefco et Creloc, les deux associations de défense de la réouverture de la ligne Pau-Canfranc-Saragosse, ont déclaré que le trafic de marchandises “garantirait la crédibilité de cette ligne” et ont proposé de rétablir la bretelle Zuera-Turuñana, qui avait autrefois été demandée par la France, pour en faire profiter également le train de passagers Huesca-Zaragoza.
Luis Granell, de Crefco, a précisé que l’avenir de ce chemin de fer reposait sur la connexion des entreprises exportatrices de Plaza et de TMC à Saragosse comme Inditex, Saica ou PSA-Opel, qui exportent une grande partie de leur production de vêtements, de papier et d’automobiles par les ports de Bilbao, Pasajes et Valence.
Le responsable de Crefco a pris l’exemple des 85% des véhicules fabriqués à Figueruelas qui partent vers le Moyen Orient par Valence ou vers l’Europe par le port de Pasajes, lesquels pourraient passer par les Pyrénées centrales ; ce train pourrait revenir chargé par l’entreprise multimarques automobile située à Zuera. « Dans tous les cas la ligne nécessiterait que les voies de garage soient portées à 750 mètres et à l’écartement européen ».
Alain Casenave, président de Creloc, a proposé que lors de la mise en route de la ligne entre les deux pays un opérateur assure la maintenance de la ligne, et qu’elle soit équipée du système ERTMS, de la fibre optique et d’un point de contrôle qui pourrait se trouver en gare de Canfranc. « Cette ligne ferroviaire fait référence en Europe car elle est bonne pour l’environnement et pour la défense du territoire ». Casenave affirme que le trajet Pau-Saragosse devrait se limiter à trois heures et demie (il dure aujourd’hui presque quatre heures entre Saragosse et Canfranc).
Parmi les participants aux journées du Livre Blanc se trouvaient les maires de Canfranc, Fernando Sánchez, et de Bedous, Henri Bellegarde, qui ont convenu que le train est une nécessité au plan environnemental au lieu des routes à camions et matières dangereuses. Le maire de Bedous a évoqué l’accident d’un camion en 2018 et demandé l’interdiction de circulation des camions sur la route et leur chargement sur les trains, proposition soutenue par Crefco et Creloc.
Bellegarde a expliqué que d’avril à septembre de cette année les utilisateurs du train de Bedous ont augmenté de 63%. Il a également soutenu le projet de Géotrain et accepté l’augmentation de l’offre de logement, après la conversion en hôtel de l’ancienne gare de la localité.
De son côté, le maire de Canfranc a déclaré que la ligne possède une grande valeur patrimoniale, comme l’a dit le président aquitain car elle est restée en bon état malgré le temps passé depuis la fermeture en 1970.
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Parmi les participants figurait également Andrea Giudicini, gérant d’un consultant italien de la région du Trentin, où la création d’un train touristique a rentabilisé la route des châteaux, qui reçoit des visiteurs toute l’année. Le Livre Blanc le donne comme exemple pour la vallée d’Aspe et pour la partie aragonaise, de Canfranc à San Juan de la Peña ou aux Mallos de Riglos. Le gérant italien a profité de la polémique sur les camions en vallée d’Aspe pour rappeler que la Suisse et l’Italie ont financé le tunnel du Saint Gothard à hauteur de 20 milliards pour mettre les poids lourds sur les trains.
Marc Barrau, gérant du consultant qui a élaboré le Livre Blanc, a précisé que l’objectif des domaines étudiés (tourisme, passagers et marchandises) visait à “optimiser” la ligne dans l’implication de nombreux acteurs sociaux qui souhaitent que les trains de marchandises ameliorent la sécurité et retirent 120 camions par jour.
Après le déjeuner offert par la mairie d’Accous, garni de fromages, de jambon et de gâteaux, trois tables ont été mises en place, dédiées respectivement au tourisme, aux passagers et aux marchandises, avec la participation d’acteurs sociaux. La salle de la mairie d’Accous était pleine de plus de 70 personnes, ce qui a réjoui la localité voisine de Bedous qui sera la prochaine à avoir le chemin de fer quand démarrera le chantier du dernier tronçon avant la réouverture dans la partie française.

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