Création d’emploi record au printemps: 469.900 emplois | Béarn Adour Pyrénées

EL PAIS

Manuel V. Gómez

Madrid

26 JUL 2018

Le marché du travail a surpris au printemps. La reprise de l’emploi s’est accélérée au-delà des prévisions. En seulement trois mois, 469.900 emplois ont été créés. Cela n’était jamais arrivé sur un trimestre. Avec cette augmentation, le nombre total d’emplois occupés ressort à 19,34 millions. Le chômage, l’autre face du marché du travail, s’est également bien comporté. Le taux de chômage atteint 15,28%, selon l’INE. Il faut revenir presque dix ans en arrière pour trouver de tels chiffres. L’emploi temporaire, malgré un coup de frein à son expansion, reste cependant élevé.

Le printemps est la meilleure saison pour le marché du travail espagnol : démarrage de la haute saison touristique, reprise des chantiers avec le beau temps, contrats de remplacement de congés. Cette combinaison active toujours l’emploi. Mais jusqu’à présent on n’avait jamais atteint les presque 470.000 emplois créés entre avril et juin. Et pourtant cette année la Semaine Sainte (congés de printemps, NdT) tombait presque totalement en mars.

Ce coup d’accélérateur corrige une tendance au ralentissement depuis quelques temps. C’est encore plus visible en comparaison annuelle que trimestrielle. La croissance de l’emploi a été cette année de 2,8%, selon l’enquête de population active (EPA) publiée par l’INE. Cette vigueur a surpris les experts, qui attendaient de bons chiffres, mais pas à ce point.

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La bonne marche de l’emploi se retrouve dans le nombre de chômeurs qui a baissé de 306.000 personnes. Ce chiffre reste malgré tout très élevé pour un pays développé, et place l’Espagne face à son problème le plus persistant des 40 années de démocratie.

Creación récord de empleo en primavera: 469.900 puestos de trabajo

Le fait que la création d’emplois soit supérieure à la baisse du chômage s’explique par une forte augmentation du nombre de personnes en âge et disposition de travailler, c’est-à-dire de la population active. C’était le talon d’Achille de la reprise au cours des derniers trimestres. Mais entre avril et juin, il a connu une vigueur inconnue depuis des années : 164.000 personnes. Attendons les prochaines éditions de l’EPA pour voir si ce changement de tendance se confirme.

Une des données les plus positives est le nombre d’heures travaillées. Presque 650 millions, une hausse annuelle de 5,3%. C’est la plus forte hausse depuis le début de la reprise, et ce d’autant plus que cette année les congés de printemps tombaient au premier trimestre, ce qui a privé le second de ce stimulant.

Une hausse plus forte des heures travaillées que du nombre d’emplois est une preuve évidente de l’amélioration de la qualité de l’emploi. En cette sortie de crise, la plus forte qu’ait connue l’Espagne depuis de nombreuses décennies, la précarité et le sous-emploi ont montré une plus forte vigueur qu’auparavant.

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A la forte augmentation des heures travaillées s’ajoutent d’autres facteurs. Par exemple, le poids de l’emploi temporaire n’a pas augmenté cette dernière année.

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Jusqu’au trimestre dernier, il augmentait  avec force, situant l’Espagne au premier rang des pays de l’UE. Cette hausse est aujourd’hui ralentie.

L’emploi à temps partiel également cède du terrain. Il représente aujourd’hui 15% des emplois, trois dixièmes de plus qu’au même mois de l’année précédente. La réduction du sous-emploi suit la même direction, ainsi que l’emploi à temps partiel choisi.

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Deux régions seulement ont un taux de chômage inférieur à 10%.

Le marché du travail espagnol a bien du mal à revenir au point de départ d’avant la crise. Il y a un peu plus de dix ans, les régions à plus de 10% étaient l’exception et aucune ne dépassait les 20%.

La situation est aujourd’hui bien différente. Seules deux communautés autonomes sont en dessous de 10% de leur population active : l’Aragón et la Navarre. En revanche, trois (Andalousie, Canaries et Estrémadure) dépassent les 20%.

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