CCI Pau : la suppression de 30 postes confirmée

Mar 30, 2018 | Economie, Presse française

CCI Pau : la suppression de 30 postes confirmée

Le président de la CCI Pau-Béarn Didier Laporte et la directrice de l’établissement Valérie Duboué ont rappelé le contexte financier qui justifie à leurs yeux ces suppressions.

© NS

 

Par Pierre-Olivier Julien, publié le , modifié .

Pour faire face à son déficit, la Chambre de commerce et d’industrie Pau-Béarn doit se réorganiser.

« Il y a eu des jours meilleurs ». Le président de la CCI Pau-Béarn (chambre de commerce et d’industrie) Didier Laporte avait le visage fermé ce jeudi. Dans la matinée à Bordeaux, il avait assisté à l’assemblée générale de la CCI Nouvelle-Aquitaine qui, lors d’un vote à l’unanimité, a confirmé la suppression de 30 postes pour la chambre consulaire paloise.

Dont 21 à l’Ecole de commerce

Une réduction des effectifs qui était attendue, comme nous le révélions le 17 mars dernier. Celle-ci se fera bien dans les proportions annoncées. À savoir huit postes en moins au siège de la rue Barthou, un en moins à l’école des métiers du sport (le CNPC à Lescar) et surtout 21 postes qui vont disparaître à l’Ecole supérieure de commerce (ESC basé sur le campus palois).

Après en avoir informé les représentants du personnel, le président a rappelé le contexte qui conduit à ce douloureux choix. Celui de la baisse drastique de la ressource fiscale affectée à la CCI, qui entraîne des déficits importants. « Les différentes réformes engagées par le gouvernement viennent fragiliser les corps intermédiaires de l’Etat, comme nous, et les mettent en danger » constate Didier Laporte. Et de dénoncer « l’argument fallacieux de devoir baisser la pression fiscale sur les entreprises. La taxe pour frais de chambre représente à peine le prix d’une baguette par jour ».

Entre 2013 et 2018, l’établissement palois aura donc perdu plus de 4 millions d’euros de recettes. Et la baisse de 17 % de la ressource fiscale votée dans le cadre de la loi de finances 2018, ajoutée à une répartition au niveau régionale défavorable à la CCI de Pau, n’ont fait qu’aggraver une situation déjà précaire. « Notre baisse des charges n’a pas eu la même trajectoire. On a favorisé mes départs naturels, la non reconduction des CDD. On a réussi à réduire nos frais de 12 % mais cela est apparu insuffisant ». D’où une compression de postes aujourd’hui.

Retour à l’équilibre en 2019 ?

Ceux qui seront supprimés (et qui n’impliquent pas automatiquement de licenciements) concernent essentiellement des missions administratives et de services supports. Quelques professeurs sont aussi concernés à l’ESC.

« L’idée est de se réinventer, de trouver un modèle vertueux, de simplifier les processus, resserrer les organigrammes et de jouer sur la polyvalence des agents » explique le président. Une mutualisation des tâches dans le cadre d’un effectif allégé (il restera 180 postes), pour viser « un retour à l’équilibre en 2019 » espère toujours Didier Laporte qui précise un déficit actuel à 2,5 millions d’euros.

« Ces suppressions sont vécues comme un choc et ça l’est » souligne la directrice de la chambre, Valérie Duboué. « C’est presque inédit. Jusqu’à présent, Pau avait été épargnée, mais de plus en plus d’établissements doivent désormais faire face aux mêmes contraintes, à l’instar de la CCI France, à Lyon aussi ou dans le Val de Loire » remarque-t-elle.

Recherche de reclassements

Dans le cadre de la procédure qui s’enclenche, et dans le cadre du dialogue social, la CCI annonce vouloir mettre « tout en œuvre pour trouver des solutions de reclassement au sein des CCI de Nouvelle-Aquitaine et même au niveau national ». L’établissement palois va également faire appel à un cabinet spécialisé dans le « out-placement » pour accompagner les personnes concernées. Les suppressions devraient être effectives au cours de l’été.

À noter que les projets immobiliers, pour rationaliser les coûts (reconfiguration du siège, déménagement du CNPC) ne sont pas remis en cause.

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