A64, la bretelle de Peyrehorade et les 3 échangeurs de Carresse-Cassaber, Orthez et Morlaàs, après de nombreuses péripéties, seront finalement réalisés en même temps…

Le Département des Pyrénées Atlantiques, qui avait mis dans la balance sa participation financière aux projets déjà avalisés par l’État (Caresse-Cassaber et Orthez), aurait réussi à obtenir la réalisation anticipée des projets de Morlaàs et de Peyrehorade.


L’histoire des projets d’échangeurs de Morlaàs-Berlanne, de la Virginie à Orthez, de Carresse-Cassaber ainsi que de la bretelle de raccordement ouest de Peyrehorade est déjà fort longue et pleine de rebondissements. Mais le dernier d’entre eux, tout récent, aurait enfin débouché sur les garanties de réalisations prochaines. Serait-ce enfin le bout du tunnel ?

On rembobine. On se souvient qu’il y a deux ans, ces 3 projets d’échangeurs béarnais avaient été épinglés par l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), qui avait au passage remis en cause 23 des 57 projets du plan d’investissement autoroutier présenté en janvier 2017. Et puis l’élection présidentielle est passée par là.


L’an dernier, les projets de demi-diffuseurs d’Orthez et de Carresse, respectivement évalués à 9 et 13,5 millions d’euros, avaient finalement été avalisés dans le cadre du plan présenté par Elizabeth Borne. Mais celui de Morlaàs, estimé à près de 20 millions d’euros, n’avait pas été retenu, bien qu’inscrit au contrat de concession de l’A64 à Vinci, au même titre qu’un projet de bretelle de raccordement qui traîne du côté de Peyrehorade et de Sorde-l’Abbaye, communes dont il est question de faciliter le contournement depuis de longues années (et même décennies).

 


Tout est bien qui finit bien ?

Cette année, le Département des Pyrénées Atlantiques et son président Jean-Jacques Lasserre ont adopté une posture qui a suscité des réactions assez diverses, menaçant de ne plus participer financièrement à aucun desdits projets s’ils ne se devaient pas tous se réaliser en même temps. Si certains ont applaudi, d’autres ont grincé des dents, comme le Département des Landes, qui participe on le rappelle au financement du demi-diffuseur de Carresse et regrettait de voir ce projet mis dans la balance.

Au début de l’été, l’État, le Département des Pyrénées Atlantiques et Vinci négociaient encore et la partie s’annonçait loin d’être gagnée, le tout sur fond de nouvelles critiques du plan d’investissement autoroutier, formulées en avril dernier par la Cour des Comptes.

« Par trois fois au cours des dix dernières années, expliquait celle-ci, l’État a accepté, à la demande des sociétés concessionnaires d’autoroutes, qu’elles réalisent, moyennant compensation, des travaux qui n’étaient pas explicitement prévus dans la convention de concession. Que le financement soit assuré par l’usager actuel ou futur, ces plans d’investissement sont l’objet de négociations difficiles, dans lesquelles les pouvoirs publics sont souvent apparus en position de faiblesse ».


En d’autres termes, la Cour recommandait clairement un rééquilibrage des concessions au profit de l’État et des usagers. De plus, plusieurs élus ont déjà vertement critiqué le chiffrage des travaux associés à certains de ces projets béarnais, jugé par eux trop élevé par rapport à la valeur réelle des ouvrages envisagés.

Finalement, cette situation assez tendue serait en passe de se dénouer : une convention devrait être signée entre les 3 parties le 25 octobre prochain, avec à la clé une réalisation des 4 projets d’ici 5 à 6 ans, et peut-être même un peu plus tôt pour Morlaàs et Peyrehorade, on l’a dit inscrits au contrat de concession, quoique d’abord censés se réaliser à un horizon plus lointain (2032).


Rien n’est encore gravé dans le marbre, mais il semble bien que le coup de force du Département ait porté ses fruits, alors que la date butoir de signature des conventions de financement du plan d’investissement autoroutier est toujours fixée au 8 novembre prochain.

Alors, tout est bien qui finit bien ?

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