Le 64 veut réduire la fracture numérique
Les services du conseil départemental se mobilisent pour l’inclusion numérique.

© JP Gionnet
PAR PIERRE-OLIVIER JULIEN, PUBLIÉ LE .

Le Conseil départemental et une centaine de partenaires travaillent à une stratégie d’inclusion numérique.

Aujourd’hui, le numérique est partout. « Cependant, tout le monde n’y est pas préparé ou n’a pas les moyens, pour des soucis de desserte ou de coût, de faire face à la dématérialisation des services. Notamment les publics les plus fragiles ou en difficulté » pointe le président du Département Jean-Jacqcues Lasserre. C’est pourquoi la collectivité des Pyrénées-Atlantiques, parmi les premières en France, a décidé de mener une sérieuse politique d’inclusion numérique à côté du déploiement du très haut débit (dont le délégataire sera choisi avant l’été).

En octobre, avec l’appui d’Emmaüs Connect et du cabinet WeTechCare, et avec la participation d’une centaine d’acteurs du domaine social (Pôle Emploi, la CAF, la MSA, la Carsat, les CCAS….), elle a lancé une première phase de diagnostic des actions menées sur les sept bassins de vie définis par le CD64 dans le cadre de ses services départementaux de la solidarité et de l’insertion. Il est alors apparu que nombre de structures doivent faire face à des demandes d’accompagnement numérique de la part des usagers. Usagers qui se perdent bien souvent dans les démarches administratives, pour les retraites, la fiscalité, l’emploi…

FACILITER L’ACCÈS AUX DROITS

Pour éviter un éparpillement des initiatives de chaque acteur social, le Département souhaite donc co-construire avec eux un vrai « réseau » d’inclusion numérique qui s’adaptera aux besoins de chaque territoire, urbain, rural ou en zone de montagne. Ce vendredi, les différents partenaires se sont retrouvés au Parlement de Navarre afin d’esquisser l’offre et l’orientation les plus efficientes.

« Pour une personne âgée dans un Ehpad, le numérique serait une façon de sortir de son isolement, pour un jeune chômeur dans une Mission locale, c’est un accélérateur pour l’emploi » avance Jean Deydier, directeur fondateur d’Emmaüs Connect et WeTechCare. Ajoutant que cette digitalisation galopante « impose aussi aux professionnels du social de s’adapter et de se former ». Pour réduire la « fracture numérique », l’une des priorités de la collectivité sera d’abord de faciliter l’accès aux droits.

« Aujourd’hui, parce que les démarches se font majoritairement en ligne, beaucoup ne bénéficient pas d’aides auxquelles ils ont droit » constate Céline Jauriberry, directrice générale adjointe du service Solidarités humaines au CD 64. L’idée est donc de tendre vers une plus grande autonomie des usagers. « Le second enjeu sera la formation et l’équipement des travailleurs médico-sociaux. Pour qu’un jour par exemple, une assistance sociale en visite à domicile puisse aussi aider l’usager à faire ses démarches. Il y a aussi le vœu d’avoir des sites connectés dans nos territoires, avec du Wifi gratuit, pour faciliter l’accès au numérique ».

DEUX EXPÉRIMENTATIONS EN MAI

Deux expérimentations seront lancées en mai sur les secteurs de l’Adour BAB et du Pays basque intérieur. Celles-ci dureront jusqu’à l’automne avant un déploiement des bonnes idées retenues sur tout le département, d’ici 2021.

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