12 camions accidentés en 10 mois entre Oloron et Monein : le ras-le bol !
Ce samedi, un poids lourd s’est couché sur le bas-côté de la D9 au niveau de Cardesse : selon le maire de Ledeuix (ici en 1er plan), il s’agit du 12e camion accidenté en dix mois. Depuis de nombreuses années, l’élu milite pour la création d’une seconde route entre Ledeuix et Cardesse.

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PAR GILDAS BOËNNEC, PUBLIÉ LE , MODIFIÉ .

Samedi, un camion s’est couché sur la D9 au niveau de Cardesse. C’est le 12e poids lourd accidenté sur cette portion de route en dix mois. Depuis de nombreuses années, les élus militent pour la rénovation de cet aménagement départemental.

C’est un spectacle récurrent dont les élus du Haut-Béarn se passeraient bien. Ce samedi aux alentours de midi, un conducteur de camion circulant sur la D9 au niveau de Cardesse a perdu le contrôle de son véhicule, qui a terminé sa course sur le bas-côté. Pas de blessure pour l’homme d’origine espagnole, dont le véhicule a passé plusieurs heures couché dans un champ de maïs avant d’être remorqué.

À l’heure où nombre de Béarnais attaquaient leur bol de garbure, l’accident avait visiblement coupé l’appétit du maire de Ledeuix, qui s’est rendu sur place samedi pour constater les dégâts. Bernard Aurisset fait le décompte des accidents sur la D9 depuis le début de l’année, et ses chiffres parlent d’eux-mêmes : « En dix mois, c’est le douzième camion qui se renverse sur cette portion de route. »

« UNE ROUTE TRÈS ACCIDENTOGÈNE »

Vendredi 27 octobre, une réunion a justement eu lieu entre les élus du conseil départemental et les maires de Monein, Estos et Ledeuix pour évoquer la dangerosité de la D9. « C’est une route étroite et particulièrement accidentogène, assure Bernard Aurisset. Construite sur une plaque de schiste, la structure est particulièrement glissante et s’use rapidement. Il devient urgent de rénover cet aménagement : en 2014, il était emprunté par 2 000 voitures et 180 camions tous les jours, et il est évident que le trafic a augmenté depuis. »

Les derniers travaux consentis par le conseil départemental sur la D9 datent de… 1999 ! « La route située sur la côte de Ledeuix a été élargie de seulement 35 centimètres. Depuis, plus rien. De plus, ces travaux ne sont pas suffisants. On demande depuis plusieurs années la construction d’une seconde route descendante sur le chemin Cauhapé entre Ledeuix et Cardesse, ce qui permettrait la mise en place de deux voies de circulation en sens unique. » Selon Bernard Aurisset, des études foncières ont été effectuées en 2008 par le conseil départemental pour la D9. « Ils avaient cinq ans pour concrétiser les acquisitions, mais rien n’a été fait. Les études sont désormais périmées : il va falloir repartir de zéro. »

Après la réunion de vendredi, les élus du conseil départemental se sont engagés à se rendre sur place pour évaluer les travaux à effectuer. De son côté, le maire de Ledeuix espère que des travaux seront bientôt validés, et qu’il n’aura plus à compter le nombre de camions accidentés dans les années à venir.

LE CD64 EXAMINERA « EN PRIORITÉ » LES AMÉNAGEMENTS POUR CARDESSE

Le conseil départemental va examiner de nouveaux aménagements potentiels sur la côte de Cardesse.

La veille de l’accident à Cardesse, vendredi 27 octobre, André Arribes, conseiller départemental délégué à la mobilité, aux transports et aux infrastructures a rencontré les maires concernés par la route départementale 9.

Selon le conseil départemental, cette rencontre a permis « d’échanger sur le caractère accidentogène de certaines portions de cette route ». En effet, cet itinéraire constitue une liaison directe entre l’A64 et la vallée d’Aspe, alternatif à la RN134.

Le département indique qu’à ce jour, le trafic sur la RD2 et la RD 9 au nord de Monein est de l’ordre de « 5 000 véhicules par jour avec environ 5 à 6 % de poids lourds ». Celui au sud de Cardesse est d’environ « 1 800 véhicules par jour avec 12 % de poids lourds » et enfin au nord de Ledeuix, on dénombre « environ 2 000 véhicules par jour, avec 8 % de poids lourds ». Et de souligner que « de nouveaux comptages seront réalisés, début 2018, pour analyse et mise à jour de l’évolution des trafics », avant d’ajouter que depuis 2003, « près de 4,5 millions d’euros ont été investis afin d’améliorer la sécurité de cette route ».

« URGENCE » À FAIRE DES TRAVAUX

La collectivité concède néanmoins que « malheureusement, malgré ces nombreux aménagements », les accidents, impliquant notamment les poids lourds, « ne cessent d’augmenter ». André Arribes précise que « les aménagements de la côte de Cardesse seront examinés en priorité. On doit faire des études pour voir ce qui est faisable. Une première hypothèse serait de récupérer l’ancienne départementale et de faire ensuite deux routes à sens unique. On doit également travailler sur l’entrée de ville à Ledeuix ».

Quant à savoir quand les travaux pourront être faits, le conseiller départemental concède « qu’il y a urgence » et que des premières inscriptions sur le sujet pourront être faites « au budget 2018-2019 ».

« 300 camions empruntent quotidiennement cet axe »

Bernard Aurisset n’est pas le seul élu à militer pour une rénovation de la D9. « Nous avons un problème de circulation trop importante sur cette route qui traverse nos villages », confirme le maire de Cardesse Mathias Ducamin, qui estime que « 300 camions empruntent quotidiennement cet axe : ces véhicules lourds détruisent nos routes au niveau communal et posent un vrai problème de danger public. La D9, lors de sa traversée de Cardesse, fait une sorte de virage à 90 degrés. Pour dépasser les camions dans cette zone, les automobilistes empruntent un chemin parallèle qui coupe dans le village, pourtant uniquement destiné aux riverains. C’est un vrai danger pour mes administrés, d’autant plus que cette voie est censée être limitée à 30 km/h, vitesse qui n’est jamais respectée ! » Un projet de déviation pour les communes de Cardesse et Monein est dans les cartons depuis bien longtemps, mais les élus désespèrent de voir le projet aboutir. « Nous voyons débouler des camions espagnols transportant des matières dangereuses, ce qui a de quoi nous inquiéter : que se passerait-il si un accident survenait en centre-ville ? », s’interroge Yves Salanave-Péhé, le maire de Monein, qui évoque également le « ras-le-bol des élus et des citoyens ».

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