Premier embarquement, sous les couleurs d’EasyJet, lundi dernier à l’aéroport de Pau

© Gérard cayron
Par gérard cayron, publié le , modifié .

A l’occasion de l’arrivée du transporteur low cost, nous avons pris deux vols afin de comparer. Les clés du «duel» sont la gamme de prix d’un côté, et la richesse de l’offre par ailleurs.

Easy Jet ou Air France ? Compagnie nationale ou avions low cost ? L’arrivée – temporaire ? – du transporteur anglais sur le tarmac béarnais, depuis lundi, nous a en tout cas fourni l’occasion de comparer en prenant deux vols dans la même journée, avec chacun des opérateurs.

A coups de promotions, ces derniers se livrent actuellement une «guerre des prix» qui ne dit pas son nom car l’enjeu est bien réel. Notre test, effectué en conditions réelles, de l’achat des billets à l’arrivée à Roissy et retour en Béarn, permet d’y voir un peu plus clair. A vous de choisir…

Au moment de réserver…

Effectué 6 jours avant le déplacement, l’achat de nos billets – ni remboursables ni modifiables dans les deux cas – réserve une première surprise. Les tarifs des places encore disponibles chez Hop ! comme EasyJet n’ont déjà plus rien à voir avec les prix d’appel largement communiqués.

Nous n’obtiendrons pas mieux que 54,85€ pour l’aller simple en avion low cost. Quant à Air France, le retour devra s’effectuer, comme on va le voir, au tarif de… 242 € (à peu près l’équivalent d’un Paris-Singapour!).

Autre écueil de taille : s’étant mis dans la peau d’un chef d’entreprise retenu en soirée à Paris pour un dîner d’affaires, impossible de rentrer en Béarn avec EasyJet ! Le vol de retour décolle en effet à 18h25 (au prix de 47,80€). Trop tôt.

Sauf à rajouter au moins une chambre d’hôtel sur la facture, c’est donc là que Hop! apporte une véritable alternative grâce à la fréquence de ses vols entre Paris et Pau. Quatre horaires différents nous sont alors proposés, dans une gamme très variée puisqu’elle va de 168 € à 321€ pour retrouver le beth ceü. Mais une conclusion s’impose: pour accomplir à tire d’ailes les 750 kms séparant la cité royale de la capitale, il peut vous en coûter, si vous choisissez Air France, jusqu’à 4 fois et demi plus cher !

9 € le petit sandwich

A l’aller, 8h55: Pau-Roissy avec EasyJet.- Le vol 3708 est un petit évènement, le premier du genre en Béarn pour la compagnie low cost. Aucune cérémonie n’étant prévue, l’embarquement se déroule sans trompettes. Seule une hôtesse de bord marque le coup avant les formalités d’usage. Ce matin-là, la moitié des sièges de l’Airbus 320 sont occupés. Essentiellement par des couples ou plusieurs familles qui, dans l’aérogare, ont dû longer un long couloir après s’être enregistrés via une porte dédiée. A l’étage des départs, la cohabitation entre compagnies concurrentes est donc très clairement marquée.

L’appareil d’EasyJet décolle avec une poignée de minutes de retard. Pendant le voyage, Henri, qui ramène ses petits-enfants à Paris, se félicite «de l’espace laissé entre les sièges». Effectivement, même les passagers de grande taille ne sont pas obligés de se contorsionner.

Le sexagénaire a plus de mal, en revanche, avec les annonces de l’équipage, faites principalement en anglais. Il est surpris aussi au moment de découvrir que, ici, tout est payant, de 3€ le café à… 9€ pour un sandwich minimaliste. A l’arrivée, l’attente des bus pour l’acheminement final permet «d’apprécier» la température ambiante (- 5 °C!).

Des retards régulièrement

Le retour vers Pau, prévu à 12h15 avec Hop ! (filiale d’Air France) relève davantage de la routine pour bon nombre de passagers qui, confirmant la réputation de l’aéroport palois, effectuent un déplacement professionnel. Claude, quadra employé par une coopérative, fait partie de ceux-là.

Cet homme, visiblement pressé, trouve assez vite quelques motifs, plus ou moins valables, pour exprimer son agacement. «Il y a souvent des retards!» déplore-t-il devant une hôtesse dont la patience semble limitée. Les hoquets d’un tableau d’affichage mettent effectivement à mal le timing de l’embarquement, effectué dans une salle trop petite. «L’addition» n’ira toutefois pas au-delà du quart d’heure.

Rempli quasiment jusqu’à la gueule, l’Embraer 190, un avion d’une centaine de places requis par Air France pour l’occasion, n’est en revanche pas des plus confortables. La taille de l’espace passagers ne semble guère proportionnelle au prix du billet (lire par ailleurs). Par contre, durant les 70 minutes du trajet, le porte-monnaie peut, cette fois, rester au fond du sac. Le sachet de crackers et les jus de fruits sont offerts par la maison…

En résumé.- Si les turbulences n’ont épargné personne durant ce test, à l’aller comme au retour, il est clair que l’écart important existant entre les deux grilles tarifaires n’est pas à l’avantage de la compagnie nationale. Et ce même si les annonces tapageuses d’EasyJet ne reflètent que partiellement la réalité puisque un aller simple Pau-Paris à 38€ nécessite une réservation très anticipée.

Le groupe Air France peut par contre mettre en avant une palette de choix beaucoup plus large : près d’une dizaine de rotations entre Pau et la capitale (et ses deux aéroports) sont proposées chaque jour. l’avenir dira, notamment, si EasyJet peut étirer sa présence en Béarn au-delà du début du mois prochain. Le test de marché en cours pourrait, en effet, déboucher sur un contrat de 3 ans avec les autorités de Pau-Uzein. Du côté des gestionnaires, on n’attend que cela, histoire de mettre (un peu) à l’épreuve la bonne volonté du groupe Air France

Biarritz: une fermeture profitable pour l’aéroport palois ?

Il est un peu tôt pour savoir si la fermeture temporaire de la plateforme biarrote profitera pleinement à sa concurrente béarnaise. Mais il est déjà acquis que, sans cela, le transporteur low cost aux avions de couleur orange n’aurait pas nécessairement posé ses valises à Pau (1).Les travaux de rénovation engagés depuis lundi sur la côte basque – où le prochain G7 (24-26 août) est aussi au centre des préoccupations – ont en tout cas découragé le gros opérateur qu’est Ryanair. Le groupe irlandais a en effet fermé ses lignes, sans chercher la moindre solution de repli. Le préjudice éventuel pour l’aéroport de Biarritz, totalement à l’arrêt pendant quatre semaines, se mesurera donc également à l’aune de la reprise du trafic. En attendant, les travaux entrepris sont conséquents. La piste d’atterrissage, longue de 2,25 kilomètres (pour 45 mètres de large), bénéficiera d’un nouvel enrobé moyennant un investissement de 13 M€. Cette opération s’inscrit dans un plan de plus grande ampleur. Afin de moderniser cet aéroport, pas moins de 47 M€ seront engagés jusqu’en 2025.

(1) Pendant la fermeture, des navettes de bus sont mises en place entre Biarritz et Pau pour les passagers vers Roissy

Hop ! tous les jours, et Easy Jet jusqu’au 4 mars

Jusqu’au 4 mars, Easy Jet propose 10 liaisons hebdomadaires avec Roissy, avec jusqu’à 2 vols par jour les lundi, jeudi et vendredi. Du côté de Hop!, on assure 6 vols quotidiens reliant Pau à Orly plus trois par jour entre le Béarn et l’aéroport Charles-de-Gaulle. Si on ajoute le transporteur anglais, l’aéroport de Pau-Pyrénées, relié à douze destinations, travaille donc désormais avec 6 compagnies différentes.

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