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Trains de nuit : c’était le dernier envol de la Palombe Bleue

   
  • Trains de nuit : c’était le dernier envol de la Palombe Bleue
    La plupart des passagers étaient ravis à l’arrivée, dimanche en début d’après-midi, du premier TGV Océane à Pau.

    © ascension torrent
  • Trains de nuit : c’était le dernier envol de la Palombe Bleue
    Le dernier train de nuit a quitté Pau à 21h52 samedi.

    © jean-philippe gionnet
  • Trains de nuit : c’était le dernier envol de la Palombe Bleue
    Mobilisation bon enfant, samedi soir gare de Tarbes, à l’occasion du dernier passage de la Palombe Bleue saluée par une centaine de militants qui espèrent que ce n’était qu’un au-revoir.

    © jean-philippe gionnet
PAR GÉRARD CAYRON, PUBLIÉ LE .

Le train 4054 était, samedi soir, le dernier à rallier Paris depuis Pau. Séquence nostalgie auprès d’usagers et appels à la mobilisation entre Béarn et Bigorre.

Quand les évènements se téléscopent… L’actualité ferroviaire, pour le moins contrastée, a ce week-end été à la fois marquée par une naissance – le lancement de la LGV Atlantique – et… un acte de décès.

On veut parler du train de nuit Irun-Paris, bien plus connu par ses usagers, depuis 1979, sous le sobriquet de la « Palombe Bleue ». Son arrêt d’activité, officiellement pour cause d’absence de rentabilité, et déjà repoussé d’un an depuis la décision prise au printemps 2016 par l’ancien secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies, ne fait pas l’unanimité. Loin de là.

Le chiffre

37 : Depuis septembre 1979, cela faisait 37 ans que la palombe bleue emmenait ses voyageurs de nuit entre pau et paris

Pour autant, on doit à la vérité de dire que le dernier envol de la mythique Palombe, samedi soir en gare de Pau, n’a pas soulevé des torrents d’émotions côté SNCF. A 21h52, c’est dans l’indifférence que le train 4054 s’est élancé vers Austerlitz, pile-poil à l’heure. Seul le message, délivré très vite au micro par un agent, est venu souligner ce moment historique : « Vous voyagez à bord de la dernière Palombe Bleue. Merci de votre compréhension » Fermez le ban.

Or, justement, Kevin, usager régulier qui travaille dans le secteur de la Défense, « ne comprend pas ».

La dernière Palombe Bleue est partie par Jean-Philippe Gionnet

« Plus dépaysant qu’avec le TGV »

Au moment de rejoindre sa couchette, il déplore « que la SNCF joue de moins en moins son rôle de lien social. Il n’y a par exemple plus de gares en milieu rural ». « Pourtant, pouvoir découvrir Paris à 7 h du matin en sortant du train de nuit, c’est magique ! » assure le jeune homme. Jean-Noël, un cadre de 45 ans, qui « en famille a beaucoup voyagé à bord des trains de nuit, en Italie, en Allemagne », ne dit pas autre chose : c’est la fin de toute une époque !

Au-delà de l’aspect pratique, du gain de temps, la Palombe Bleue c’est une ambiance. « Voyager dans ces conditions, c’est quand même plus dépaysant qu’avec le TGV… Vraiment dommage ! ». Il espère désormais que, « grâce à la libéralisation du marché du rail, certaines sociétés se positionneront à l’avenir sur ce créneau ». Sans trop y croire…

Ce ton fataliste, on le retrouve dans la bouche d’autres usagers noctambules rencontrés sur les quais à Tarbes. Greg, pompier à Paris, se souvient par exemple « des virées entre copains pour venir skier dans les Pyrénées ». Denis, 63 ans, n’a pas oublié, lui, que « avant, la gare vivait aussi grâce au train de nuit. Il y avait des cafés ouverts. C’est triste… ».

« La porte est étroite, mais… »

A quelques mètres de là, une petite centaine de militants, regroupés dans un collectif de défenseurs des trains de nuit, entonne un vibrant « Ce n’est qu’un au-revoir » au moment où la Palombe Bleue marque son arrêt bigourdan. « On reviendra, c’est promis ! » lance par la fenêtre un voyageur toujours pas couché. Succès garanti tandis qu’un manifestant lève bien haut sa pancarte qui défie le temps. « Tarbes à 1 heure de Paris. 30 minutes pour s’endormir, 30 autres pour se réveiller. Mieux que le TGV, moins coûteux et plus écolo ! » peut-on lire.

A l’origine de la mobilisation, Bernard Lembeye, président de l’association Actival, apprécie l’action de soutien. Et croise les doigts : « On voit bien que la plupart des trains de nuit français sont supprimés. La SNCF n’a plus qu’une politique : rentabiliser par tous les moyens alors que la ligne TGV Tours-Bordeaux va lui coûter 100 millions par an. On va attendre de connaître la position du nouveau ministre en septembre. La porte est étroite, mais pas encore fermée ».

Des actions de soutien tout au long de la semaine

Plusieurs collectifs d’usagers et d’associations, qui estiment que « sauver les trains de nuit est possible », ont appelé ce week-end à une semaine d’actions « jusqu’au 8 juillet », pour le rétablissement « de ces trains écologiques et économiques ». Ils rappellent aussi que c’est justement une forte mobilisation qui a permis de convaincre l’Etat et la région Occitanie de rouvrir, à compter du 6 juillet, la ligne de nuit Paris-Perpignan-Portbou fermée en décembre 2016. Sur cette ligne, des Intercités circuleront à nouveau la nuit, et dans les deux sens, pendant les périodes de vacances scolaires et le week-end. Un accord a été signé entre la Région, l’Etat et la SNCF pour une période de deux ans.

Par ailleurs, des pétitions dénommées « ouiautraindenuit » circulent sur plusieurs plateformes, dont change.org, et avaient dès dimanche matin recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures.

Enfin, si Paris-Briançon et Paris-La Tour de Carol font partie des autres suppressions déjà actées, la ligne Paris-Nice sera elle aussi arrêtée au 1er octobre prochain.

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