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Ligne Oloron-Canfranc : « L’étude est communicable »

Ligne Oloron-Canfranc : "L’étude est communicable"
Les résultats de l’étude de rentabilité socio-économique financée par la Région n’ont jamais été communiqués, ni aux associations ni aux élus.

PHOTO ARCHIVES DAVID LE DEODIC
PREMIUM
 le 30 mars 2017

Si les juges suivent le rapporteur public, l’étude sur la rentabilité de la ligne devra être rendue publique

L’association Contre la réouverture de ligne ferroviaire Oloron-Canfranc (Croc) pourrait bien obtenir gain de cause. Mercredi, le rapporteur public du tribunal administratif de Bordeaux Anne Lefebvre-Soppelsa a estimé que l’étude lancée en 2012 sur la rentabilité socio-économique de l’opération était communicable. Cet avis confirme celui rendu en 2015 par la Commission d’accès aux documents administratifs.

Jusqu’à présent, Alain Rousset, le président de la Région Nouvelle Aquitaine a toujours refusé de rendre public ce document. Sans doute pour ne pas donner des arguments à ses opposants. Nombre d’incertitudes entourent le coût des travaux estimé à 400 millions d’euros d’argent public et la fréquentation de ces 32 km de chemin de fer qui relieraient Bedous à Canfranc.

La Région avait initialement soutenu que l’étude réalisée à la suite d’un appel d’offres revêtait un caractère préparatoire et que le droit d’accès ne pouvait pas s’appliquer. Mais par la suite, les déclarations de l’exécutif régional ont entretenu un certain flou.

Ce document n’aurait pas l’importance qu’on lui prêtait, aucune décision n’étant d’ailleurs intervenue. D’où la conclusion logique du rapporteur public : si cette étude ne prépare rien, elle est communicable. Présent à l’audience, le représentant du Conseil régional a esquivé le débat sur ce point, s’en remettant au mémoire déposé par la collectivité et à un argument de procédure. Trop tardive, la requête du Croc serait irrecevable. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, le jugement devrait être rendu avant la fin du mois d’avril.

Une élue ravie

Les conclusions du rapporteur public ravissent le requérant, Georges Manaut, président de l’association qui n’était pas présent hier à Bordeaux mais qui avait eu connaissance de cette position par la voie d’Internet grâce à ses codes d’accès (lire notre édition de mardi).

Il avait été soutenu dans sa besogne par les élus de l’opposition au Conseil régional, Les Républicains, le Modem et le Front national compris. Jointe hier soir – dans un train qui la ramenait justement de la capitale régionale – l’élue béarnaise Modem à la Région, Monique Sémavoine, était ravie.

« C’est ce que je demande depuis le début de mon mandat et même lorsque j’étais en campagne. Je l’ai redit en session publique lors de la dernière assemblée plénière où l’on nous demandait de voter de nouvelles études sur cette même ligne. C’est un peu fort alors que les résultats de la première étude nous sont interdits ! Si le président n’a rien à cacher, pourquoi cacher ces résultats ? Ce que cela changerait aujourd’hui d’avoir ces résultats ? Cela servira à savoir si c’était justifié de rouvrir la ligne et de faire ces dépenses ! », estime celle qui avait parlé de « petit tchoutchou » à propos du train Oloron-Bedous qui a ouvert en juillet dernier.

Monique Sémavoine se veut cependant constructive. « La presse n’a retenu que le fameux ‘’tchoutchou’’ mais j’avais dit à monsieur Rousset que si cette voie devient un axe international de transfert de fret, j’irai dans son sens et je le soutiendrai. »

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