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La panne du nucléaire français empêche le prix du kWh de baisser de 6% en Espagne

EL PAIS

Madrid 12 NOV 2016

La panne nucléaire que subit la France du fait de la révision de 21 de ses 58 centrales nucléaires a fait monter les exportations d’électricité de l’Espagne à des niveaux historiques de 2.000 à 2.800 MW de façon continue ces dernières semaines. Cette situation se répercute directement sur les prix de gros et, en conséquence, a empêché la facture de détail de baisser en Espagne de l’ordre de 6%, une baisse qui aurait eu lieu sans cette circonstance exceptionnelle, selon des sources officielles du secteur.

Inauguración de una de las interconexiones eléctricas entre Francia y España en 2015.

La France, qui est traditionnellement un exportateur net d’électricité vers les pays voisins, est devenue importatrice en raison de la décision de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), le conseil nucléaire français, de réviser les centrales nucléaires par crainte que les générateurs de vapeur et les pièces d’acier qui les composent présentent un taux de carbone supérieur à la limite autorisée. Cet arrêt a obligé à importer de l’énergie des pays voisins pour compenser le déficit qu’entraine l’arrêt de près de la moitié des centrales nucléaires (21 sur 58), une source d’énergie dont la France est totalement dépendante puisqu’elle représente 70% de la production électrique du pays. Les travaux d’inspection pourraient durer de 12 à 18 mois.

L’énergie importée d’Espagne ces dernières semaines (2.000 à 2.800 mégawatts) à travers les quatre interconnexions existantes équivaut à la production de deux ou trois centrales nucléaires. Mais cette capacité est aujourd’hui insuffisante par rapport au besoin en raison, en grande partie, des réticences des autorités françaises pendant des années face aux demandes des gouvernements espagnols successifs de renforcer ces connexions. Une plus grande capacité d’interconnexion avec l’Espagne aurait permis à la France d’importer davantage et de rendre le marché plus fluide, comme c’est le cas principalement avec l’Allemagne.

En tout cas, la répercussion sur le prix est inévitable. Le marché spot français en subit les effets. En heures de pointe mardi dernier (entre 19h et 20h) le prix a explosé à 87,4 euros/MWh, et il s’est situé ces derniers jours couramment autour de 80 euros, selon nos sources.

Les conséquences se reflètent sur la facture, non seulement du consommateur français, mais aussi pour les espagnols, car les limitations de fourniture française, ajoutées aux faibles précipitations et au manque de vent, ont obligé l’Espagne à recourir aux sources de génération les plus chères, charbon et gaz, ce qui fait grimper le prix.

Le marché de gros a atteint 60 euros/MWh, un niveau record ces dernières années, alors qu’il y a quelques semaines il était en dessous de 50 euros, un prix normal en cette saison. En Allemagne aussi il est beaucoup monté, jusqu’à près de 40 euros et même parfois 50. Le prix de gros se répercute à hauteur de 40% sur le prix de détail, qui est monté en octobre et novembre à 13 ou 14 centimes/kWh, alors qu’en septembre il était de 11 à 12 centimes. En conditions normales, selon nos sources, le prix, qui est aujourd’hui au niveau de l’an dernier, aurait dû baisser de l’ordre de 6%.

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