It seems you're using an unsafe, out-of-date browser. CLOSE(X)

La crise a transformé le modèle de production de l’économie espagnole

Chute de l’investissement en actifs résidentiels et travaux de génie civil, et forte hausse des exportations de biens et services

 

CINCO DIAS

JOSÉ ANTONIO VEGA

MADRID

30-01-2017

L’Institut National de la Statistique a publié hier le Produit Intérieur Brut provisoire (PIB) de l’Espagne au quatrième trimestre de 2016, présentant une hausse de 0,7% sur le trimestre précédent, ce qui donne une hausse annuelle de 3,2%, comme en 2015, alors que les prévisions étaient moins optimistes. Une stabilité politique acrobatique et la diminution des vents favorables qui poussaient jusque-là les économies occidentales, des réformes particulièrement agitées en Espagne, et malgré tout 13 trimestres consécutifs de croissance, stimulés d’abord par la demande extérieure puis aujourd’hui par la demande nationale. Il est vrai que 2015 a terminé sur une tendance vigoureuse, alors que 2016 termine sur un ralentissement.

Cependant, enchainer neuf trimestres de croissance à plus de 0,7% démontre une certaine résistance  à la baisse, ce qui amène à réviser à la hausse  les estimations de croissance pour 2017, même si ce n’est que de quelques décimales. En 2015 et 2016 la baisse des prix du pétrole a donné un coup de pouce providentiel, entrainant une inflation négative et une hausse des revenus disponibles. Les baisses d’impôts effectuées par le Gouvernement en période électorale, … et la forte reprise de l’emploi, ont amené un gros million supplémentaire de contribuables.

-/-

Le modèle de croissance de l’Espagne dans les premières années du siècle reposait sur la demande interne, qui absorbait l’essentiel des ressources dans l’investissement résidentiel, entrainant un déficit de compte courant effarant (10% du PIB, un des plus élevés au monde) pour satisfaire la demande de biens de consommation et les besoins de crédit pour faire face au boom immobilier et à l’endettement  déraisonnable qu’il entrainait. Le meilleur indicateur de changement intervenu dans le modèle d’activité est le solde du compte courant, qui est passé de 10% de déficit en 2007 et 2008, à un excédent de l’ordre de 2% du PIB en 2016 pour la troisième année consécutive.

La  balance commerciale et des services se retrouve pratiquement à l’équilibre, après une hausse vertigineuse des exportations (plus de 30%), à 34% du PIB, et une demande modérée de financement  extérieur avec le ralentissement de l’investissement. L’Espagne reste malgré tout en position internationale délicate, avec une dette externe de plus de 90% du PIB (presque 1000 milliards d’euros), mais elle est aujourd’hui stabilisée depuis trois ans.

-/-

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié.