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Jeanne François veut donner de l’air à l’UTLA

Jeanne François veut donner de l’air à l’UTLA
Jeanne François souhaite rendre les membres de l’UTLA plus « acteurs ».

Ascencion Torrent
PAR JEAN-MARC FAURE, PUBLIÉ LE .

Présidente de l’université du temps libre d’Aquitaine (UTLA), Jeanne François souhaite amener les seniors aisés à s’ouvrir à des populations moins favorisées.

En bonne chimiste, Jeanne François sait manier bons dosages et synthèse. Si elle a abandonné voilà dix ans les paillasses de son laboratoire palois du CNRS, c’est sur le terrain du temps libre et sans quitter l’université qu’elle exerce aujourd’hui. « Je souhaite que l’on fasse de gros efforts pour que les retraités puissent mener une vie culturelle riche », note la présidente depuis décembre dernier de l’université du temps libre d’Aquitaine (UTLA).

En même temps, cette Béarnaise d’adoption, arrivée d’Alsace en Béarn il y a plus de 40 ans, veut éloigner ses 1 800 adhérents de la tentation de l’entre soi : « J’aimerais les pousser à utiliser leurs capacités pour aider des gens plus jeunes et souvent en difficulté comme les migrants, les étudiants ou les chômeurs ».

« Les rendre plus acteurs »

Membre de l’UTLA depuis sa retraite en 2006, assidue aux cours d’aquarelle, au groupe de lectures et aux conférences, la chercheuse constate que les adhérents sont devenus un peu trop consommateurs. « Mon objectif est de les rendre un peu plus acteurs » affirme Jeanne François.

L’ancienne directrice de labo foisonne d’idées : accueillir les étudiants dans les cours de langues rares (chinois, arabe) pour parfaire leurs CV, ouvrir certaines sorties en montagne aux migrants, ou encore accompagner les chômeurs dans leurs recherches d’emplois. Jeanne François n’oublie pas pour autant le « cœur de métier » de l’UTLA. Dans ce domaine, elle imagine la création d’un réseau culturel dans le Béarn. Elle souhaite mieux valoriser des conférenciers du cru à côté d’intervenants prestigieux. Elle rêve encore, de concert avec Mohamed Amara, originaire d’Algérie, de contribuer à créer là-bas une université du temps libre.

C’est précisément à Alger que la petite Jeanne a vu le jour. C’est là que son père, fils d’un officier de marine breton, était parti enseigner le français. Elle a 5 ans en 1946 lorsque sa famille quitte les rivages de la Méditerranée pour s’installer à Strasbourg. L’Alsace devient alors sa terre d’ancrage. Bachelière à 16 ans, elle s’oriente vers des études de chimie. Elle suit ainsi les conseils de son frère aîné après avoir caressé l’idée de devenir interprète d’italien : « Nous étions fascinés par les employés du conseil de l’Europe ».

Après sa licence, elle entre dans un laboratoire consacré aux polymères, dirigé par un prix Nobel, et se prend de passion pour les savons. Elle entre en 1963 dans un gros laboratoire du CNRS consacré aux macromolécules, y passe sa thèse d’État 5 ans plus tard et y rencontre Bernard François, un jeune ingénieur diplômé de l’école supérieure de chimie de Caen, qui deviendra son mari, puis le père de ses trois garçons. Au gré des contrats de recherche qui l’amènent à travailler avec le Groupement de recherche de Lacq (GRL), elle croise René Panaras, un ingénieur d’Elf-Aquitaine (futur Total).

Vice-présidente de l’université

C’est lui qui orientera l’Alsacienne vers Pau, lorsqu’en 1976 la directrice du laboratoire de recherche sur les polymères de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) part à la retraite. « On a amené avec nous des gens de Strasbourg et rapatrié des contrats de recherche » se souvient Jeanne François, ravie alors de l’ouverture sur le territoire que lui apporte une petite structure. Durant 30 ans, elle multiplie les contacts avec les décideurs et partenaires locaux, accueille de nombreux doctorants et participe à la création des pôles de compétitivité.

D’autant qu’elle double sa fin de carrière au CNRS d’une vice-présidence de l’UPPA. Dès sa retraite, en 2006, elle prend les rênes de l’union régionale des ingénieurs et scientifiques du bassin de l’Adour (URISBA) où elle travaille à la promotion des métiers scientifiques.

Lorsqu’on est venu la chercher pour succéder à Raoul Pinel pour présider l’UTLA, cette boulimique n’a pas su refuser. En tout cas, Jeanne François, devenue experte en temps libre, sait s’organiser : elle trouve encore le temps de s’occuper des fleurs de son jardin d’Ousse, de recevoir ses 6 petits-enfants et de voyager autour du monde.

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