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Avant l’Europe, cinq obstacles à lever sur la ligne Pau-Canfranc

Avant l’Europe, cinq obstacles à lever sur la ligne Pau-Canfranc
Les présidents aragonais et aquitain, Javier Lambán et Alain Rousset, unis vers le même objectif : obtenir des subventions européennes sur la ligne Pau-Canfranc.

PAR SÉBASTIEN LAMARQUE (À BORDEAUX), PUBLIÉ LE , MODIFIÉ .

Première réunion quadripartite lundi à Bordeaux, depuis juillet 2014. Pour demander l’intervention de l’Europe.

« Ce serait un formidable accélérateur. » Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, espère obtenir la participation financière de l’Europe pour les études sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau-Canfranc. Le « coup d’accélérateur » représenterait 50 % des 14,5 millions d’euros nécessaires pour engager le programme d’études.

Pour boucler et signer le dossier de demande, une réunion quadripartite s’est tenue ce lundi à l’Hôtel de Région, à Bordeaux. Elle a réuni Région Nouvelle-Aquitaine, gouvernement d’Aragon et les Etats français (un représentant du préfet de région) et espagnol (le secrétaire général des infrastructures du ministère des Transports espagnol). Une telle réunion n’avait plus eu lieu depuis juillet 2014.

Le coût

Les estimations du montant des travaux sont encore en train d’être « affinées ». On peut tabler sur 400 millions d’euros pour Bedous-Canfranc, le tunnel et la partie espagnole, estime Alain Rousset. Une section internationale de 58 km entre Bedous et Jaca qui pourrait être financée à hauteur de 40 % par l’Europe. « Rentrer dans les financements du Réseau de transports européens transfrontaliers, cela rendrait faisable cette réouverture dont on rêve depuis 47 ans », lâche Alain Rousset.

Volonté politique

Le groupe de travail quadripartite Aragon – Nouvelle-Aquitaine – gouvernements français et espagnol ne s’était plus réuni depuis le 1er février 2014. « Nous étions plus dans la rhétorique, concède le président d’Aragon, Javier Lambán. Aujourd’hui, cet accord concret va donner à ce groupe une nouvelle vitalité et en faire un outil indispensable pour la réouverture. »

Par la voix du représentant du ministère des Transports espagnol, Manuel Niño Gonzalez, le gouvernement ibère assure de son « appui total ». Il rappelle quelques travaux réalisés du côté espagnol, essentiellement entre Saragosse et Huesca. Les journalistes espagnols, présents en nombre à Bordeaux, semblent douter que la ligne soit prioritaire pour le gouvernement français. Le représentant du préfet de région, Michel Stoumboff, réaffirme « l’importance accordée à ce projet » par le gouvernement. Il assure que le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, a réalisé « un travail de sensibilisation des autorités européennes sur ce dossier ».

Alain Rousset répond, lui, par une citation : « Rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force ni sa faiblesse. » Extrait des paroles de la chanson de Georges Brassens, « Il n’y a pas d’amour heureux ». Lui-même inspiré par… Louis Aragon. « Si nous ne portons pas ce dossier, nous Aragon, et nous Nouvelle-Aquitaine, personne ne le portera. » C’est plus clair.

Fréquentation

Après l’inauguration en grande pompe, le 2 juillet dernier, la fréquentation de la ligne Oloron-Bedous a marqué le pas. « Je n’ai pas les derniers chiffres », se dégage Alain Rousset. Sept à dix voyageurs par train « avec la fin de la saison touristique », assure le dossier de presse. Six, en moyenne, pour les opposants du CROC (Contre la réouverture d’Oloron-Canfranc) qui avaient réalisé des comptages au mois d’octobre. « Il faut prendre le problème dans son ensemble, coupe Alain Rousset, avec ses enjeux environnementaux, patrimoniaux, touristiques et de sécurité des transports de marchandises. »

Quels enjeux

L’argument économique est surtout porté par l’Aragon, qui a bâti son développement économique autour du secteur de la logistique, avec les plateformes de Saragosse et de Huesca. Un trafic annuel de 1,5 million de tonnes est prévu. Pour le tourisme, Alain Rousset évoque les trois stations de Candanchu, Astun et du Somport. Des études tableraient sur 500 000 voyageurs annuels, « dont 100 000 en trafic international et 400 000 (2/3 côté français et 1/3 côté espagnol) en trafic local au moment de la mise en service ».

Calendrier

Le temps qui passe n’arrange rien à l’affaire. Et l’on découvre à Bordeaux une nouvelle date de mise en service : 2024. Sans qu’elle soit véritablement expliquée. Un ensemble d’études doit être conduit sur la période 2017-2020 afin de pouvoir lancer les travaux en 2021. Mais ce calendrier dépend largement de l’obtention des deniers européens.

4 allers-retours par jour

Les études préliminaires prévoient 34 sillons journaliers, soit 5 allers-retours Pau-Oloron et 4 allers-retours Pau-Saragosse pour les voyageurs. Et 8 allers-retours Pau-Saragosse pour les marchandises. Le temps de parcours estimé est de 4h45 pour les voyageurs, 6h30 pour le fret.

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