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Asasp-Arros : la réalisation des déviations des villages toujours au point mort

Asasp-Arros : la réalisation des déviations des villages toujours au point mort
Depuis 15 ans, l’Association pour la réalisation de la déviation d’Asasp espère des avancées sur ce dossier. Ils commencent à désespérer et se sentent abandonnés.

© Camille billemont
PAR CAMILLE BILLEMONT, PUBLIÉ LE .

Les riverains attendent toujours des avancées sur le dossier des déviations des villages. Et ne comprennent pas pourquoi tout est bloqué.

Chaque année, l’association pour la réalisation de la déviation d’Asasp (Arda) fait le point sur la situation. Et chaque année, le constat est le même : rien ne bouge, et l’espoir de voir se réaliser un jour les déviations qui les protégeraient des camions traversant leurs villages s’amenuise.

En pleine période électorale, et malgré la promesse du secrétaire d’État aux Transports Alain Vidalies d’inscrire leurs déviations au plan Etat-Région 2020-2025, ils ne se font guère d’illusions : « On rencontre plein de gens, dont nous n’entendons plus parler après coup. Et en plus, il faut rencontrer de nouveaux responsables, de nouveaux sous-préfets, de nouveaux élus à chaque fois, et tout reprendre depuis le début. C’est triste ».

« Une volonté de plomber le projet »

L’association s’inquiète cette fois-ci particulièrement du coût des déviations des villages d’Asasp et Gurmençon, qui a encore une fois été revu à la hausse par la Direction Interdépartementale des Routes Atlantique (DIRA) : « La première estimation était de 27 millions en 2010, puis de 30 millions en 2014, pour arriver fin 2016 à 35 millions d’euros. Et la DIRA ne retrouve plus le devis. Il y aurait une volonté de plomber le projet qu’on ne s’y prendrait pas autrement ».

Parmi les oubliés de la route, Jacques Lévêque, le président de l’Arda, n’oublie pas les compagnons de galère : « On ne parle là que des déviations pour Asasp et Gurmençon, mais il y a aussi tout le reste de la RN134, Urdos, Eygun. Des dossiers ont été réalisés, et il a été conclu que ce serait bien trop cher et qu’il ne fallait plus faire d’études. On se sent très isolés ».

« On nous a abandonné »

Du côté des habitants, le pessimisme gagne tandis qu’ils égrènent les nombreux accidents dont ils ont été témoins depuis des années. Membre de l’association et habitant d’Asasp, André Ballester tempête : « Cela commence à bien faire ! On protège le vautour, l’écrevisse à pattes bleues et la fougère fluorescente, et pas nous ! Je voudrais bien partir, mais ma maison se fissure à cause des camions, et je ne peux pas la vendre ».

Jacques Lévêque conclut avec fatalisme : « Il sera un peu tard pour pleurer quand une catastrophe sera arrivée. Si ces déviations ne se font pas avant 2028, car tout dépend de la réalisation de la Gabarn-Gurmençon, le village sera mort, et il suffira alors de raser les maisons abandonnées. C’est un manque de considération de l’être humain qui est lamentable. On nous a abandonné ».

L’exemple de la Angoulême-Limoges choque l’association

Jacques Lévêque le rappelle : « Cela fait des années que le président du conseil régional nous dit qu’il n’a pas la compétence routière pour justifier qu’il n’accorde aucun financement à nos projets de déviations. Alors pourquoi se permet-il de faire une 2×2 voies pour relier Angoulême à Limoges, en la finançant à hauteur de 27 millions ? ». Soit à peu de choses près le prix nécessaire à la réalisation des déviations d’Asasp et de Gurmençon. Et de railler : « On coûte aussi cher qu’eux, soit 5 millions du kilomètre, alors que de notre côté, tous les terrains nécessaires sont acquis depuis longtemps, qu’il n’y a aucun ouvrage d’art à réaliser, pas même un petit déhanchement, et qu’il suffit de traverser la plaine. C’est choquant ! »

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